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Marché immobilier 2026

Pourquoi la France aura surtout besoin de petits logements d’ici 2050 ?

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Ingrid Servaes
Rédigé le 20 janvier 2026
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Il y a des chiffres qui donnent le vertige. D’ici 2050, la France devra créer environ 4 millions de logements supplémentaires, selon une étude du ministère de l’Aménagement du territoire. Une perspective impressionnante, largement portée par la hausse continue du nombre de Français vivant seuls. En filigrane, ce sont nos façons d’habiter qui basculent : moins de grandes familles, plus de vies en solo… Explications.

Infos clés

  • D’ici 2050, la France devra créer environ 4 millions de logements supplémentaires, selon les projections du ministère de l’Aménagement du territoire.

  • Cette dynamique est largement portée par les personnes vivant seules et les besoins portent donc majoritairement sur des logements de petite taille.

  • Les besoins en logements sont très contrastés selon les territoires, avec de fortes tensions attendues dans les grandes métropoles, sur le littoral Atlantique et en Île-de-France.

Le boom des foyers solo

Selon l’étude « Besoins en logements à horizon 2030, 2040 et 2050 » publiée en juin 2025 par le Service des données et études statistiques (SDES), la demande de logements ne s’explique pas principalement par une hausse des naissances, mais plutôt par l’augmentation du nombre de ménages. En bref, il n’y a pas forcément beaucoup plus d’habitants, mais beaucoup plus de foyers à loger.

D’ici 2050, la France devra loger 3,6 millions de ménages supplémentaires, dont 2 millions dès 2030. Cette évolution est largement liée aux changements de modes de vie. Aujourd’hui, on se met en couple plus tard, on se sépare plus souvent et de plus en plus de personnes vivent seules. Alors pour un même nombre d’habitants, il faut davantage de logements qu’avant. Le chiffre est révélateur : sur les 3,5 millions de nouveaux ménages attendus entre 2020 et 2050, 3,4 millions concerneraient des personnes seules.

Autrement dit, l’enjeu ne sera pas uniquement quantitatif, mais aussi structurel : la demande future se portera très largement sur des logements de petite taille. La raréfaction des grandes familles, conjuguée à la montée en puissance des personnes seules et des couples sans enfants, entraînera un basculement vers des surfaces plus réduites, loin du modèle de la maison familiale.

Bon à savoir

Cette évolution n’est pas qu’une projection statistique : elle est déjà visible sur le marché. Les studios et T2 occupent déjà une place croissante dans les transactions, notamment dans les zones les plus tendues, portés à la fois par des budgets contraints et par des usages qui évoluent (mobilité accrue, décohabitation, parcours de vie moins linéaires). À Paris, selon PAP, 69 % des annonces les plus consultées concernent des petites surfaces.

Des besoins très contrastés selon les territoires

Qui plus est, cette évolution n’est pas uniforme. On vous le disait dans l’une de nos chroniques, partout en Europe, les grandes métropoles souffrent d’un manque de logements. En France, les projections du SDES montrent des dynamiques territoriales très différenciées.

Les plus fortes progressions du nombre de ménages sont attendues :

  • sur le littoral Atlantique et dans ses grandes agglomérations (Bordeaux, Rennes, Nantes),

  • dans plusieurs grands pôles urbains (Toulouse, Montpellier, Lyon, Genevois, nord-est de la banlieue parisienne),

  • en Corse,

  • et en Outre-mer, notamment en Guyane et à La Réunion.

À l’inverse, une partie de la moitié nord de la France, en dehors de la façade Atlantique et de la région parisienne, verra son nombre de ménages stagner, voire diminuer.

Au total, le besoin en résidences principales lié uniquement à l’évolution du nombre de ménages atteindrait 4 millions d’ici 2050, sans compensation possible entre territoires.

Le mal-logement, un volet largement sous-estimé

À ces besoins s’ajoute une réalité moins visible : beaucoup de logements ne sont tout simplement pas adaptés à la taille des ménages. Selon la même étude, environ 500 000 logements sont aujourd’hui considérés comme trop petits pour les personnes qui y vivent. Ces situations sont très concentrées géographiquement. La zone d’emploi de Paris regroupe à elle seule 24 % de ces logements trop petits et non réallouables.

Si l’on tient compte de ces logements inadaptés, le besoin réel augmente encore. Il faudrait ainsi environ 350 000 logements supplémentaires pour répondre correctement aux besoins actuels des ménages.

Chez Pretto : chiffres clés

Chez Pretto, l’évolution des surfaces achetées par les clients témoigne aussi de cette transformation. Entre 2021 et 2025, la surface moyenne achetée a reculé de 4 m² en Île-de-France (de 67 à 63 m²) et de 16 m² hors Île-de-France (de 131 à 115 m²), illustrant la montée en puissance de logements plus compacts.

Quelles pistes pour combler le manque de logements ?

Face à ces projections, le SDES insiste sur un point : le foncier ne pourra pas tout absorber. Les pistes privilégiées passent aussi par la transformation du parc existant : division de logements devenus trop grands, transformation de bureaux ou locaux non résidentiels en logements, réhabilitation de logements dégradés quand elle est possible, démolition-reconstruction avec densification raisonnée…

La construction neuve reste nécessaire, mais ciblée, sobre et adaptée aux besoins réels : davantage de petites surfaces, bien situés, et pensés pour des ménages de petite taille.

À l’horizon 2050, les projections dessinent un paysage préoccupant, où l’adéquation entre besoins réels et offres de logements apparaît plus que jamais comme un enjeu central. La question ne sera pas seulement de produire davantage de logements, mais de concevoir des habitats adaptés aux évolutions démographiques et sociales.

Questions fréquentes sur la pénurie de logements

Combien de logements la France devra-t-elle construire d’ici 2050 ?

Selon le scénario central du SDES, la France devra créer environ 4 millions de résidences principales supplémentaires entre 2020 et 2050, auxquels s’ajoutent environ 350 000 logements supplémentaires pour répondre aux situations où des personnes vivent aujourd’hui dans des logements trop petits ou inadaptés à leur situation.

Comment adapter mon projet d'achat face à cette évolution ?

Pour une résidence principale, mieux vaut privilégier des logements de petite ou moyenne surface bien situés : les T2 et T3 bien situés : ils devraient conserver une bonne valeur dans le temps.

En investissement locatif, l’enjeu est de cibler les marchés où la demande locative demeure forte et la revente plus facile à terme.

Est-ce le bon moment pour investir dans un petit logement ?

Oui, à condition de cibler les bonnes zones. La demande locative sur studios/T2 va mécaniquement augmenter avec 3,4 millions de personnes seules supplémentaires d'ici 2050.