Pourquoi la France aura surtout besoin de petits logements d’ici 2050 ?

Il y a des chiffres qui donnent le vertige. D’ici 2050, la France devra créer environ 4 millions de logements supplémentaires, selon une étude du ministère de l’Aménagement du territoire. Une perspective impressionnante, largement portée par la hausse continue du nombre de Français vivant seuls. En filigrane, ce sont nos façons d’habiter qui basculent : moins de grandes familles, plus de vies en solo… Explications.
Infos clés
D’ici 2050, la France devra créer environ 4 millions de logements supplémentaires, selon les projections du ministère de l’Aménagement du territoire.
Cette dynamique est largement portée par les personnes vivant seules et les besoins portent donc majoritairement sur des logements de petite taille.
Les besoins en logements sont très contrastés selon les territoires, avec de fortes tensions attendues dans les grandes métropoles, sur le littoral Atlantique et en Île-de-France.
Le boom des foyers solo
Selon l’étude « Besoins en logements à horizon 2030, 2040 et 2050 » publiée en juin 2025 par le Service des données et études statistiques (SDES), la demande de logements ne s’explique pas principalement par une hausse des naissances, mais plutôt par l’augmentation du nombre de ménages. En bref, il n’y a pas forcément beaucoup plus d’habitants, mais beaucoup plus de foyers à loger.
Autrement dit, l’enjeu ne sera pas uniquement quantitatif, mais aussi structurel : la demande future se portera très largement sur des logements de petite taille. La raréfaction des grandes familles, conjuguée à la montée en puissance des personnes seules et des couples sans enfants, entraînera un basculement vers des surfaces plus réduites, loin du modèle de la maison familiale.
Bon à savoir
Des besoins très contrastés selon les territoires
Les plus fortes progressions du nombre de ménages sont attendues :
sur le littoral Atlantique et dans ses grandes agglomérations (Bordeaux, Rennes, Nantes),
dans plusieurs grands pôles urbains (Toulouse, Montpellier, Lyon, Genevois, nord-est de la banlieue parisienne),
en Corse,
et en Outre-mer, notamment en Guyane et à La Réunion.
À l’inverse, une partie de la moitié nord de la France, en dehors de la façade Atlantique et de la région parisienne, verra son nombre de ménages stagner, voire diminuer.
Au total, le besoin en résidences principales lié uniquement à l’évolution du nombre de ménages atteindrait 4 millions d’ici 2050, sans compensation possible entre territoires.
Le mal-logement, un volet largement sous-estimé
À ces besoins s’ajoute une réalité moins visible : beaucoup de logements ne sont tout simplement pas adaptés à la taille des ménages. Selon la même étude, environ 500 000 logements sont aujourd’hui considérés comme trop petits pour les personnes qui y vivent. Ces situations sont très concentrées géographiquement. La zone d’emploi de Paris regroupe à elle seule 24 % de ces logements trop petits et non réallouables.
Si l’on tient compte de ces logements inadaptés, le besoin réel augmente encore. Il faudrait ainsi environ 350 000 logements supplémentaires pour répondre correctement aux besoins actuels des ménages.
Chez Pretto : chiffres clés
Quelles pistes pour combler le manque de logements ?
La construction neuve reste nécessaire, mais ciblée, sobre et adaptée aux besoins réels : davantage de petites surfaces, bien situés, et pensés pour des ménages de petite taille.
À l’horizon 2050, les projections dessinent un paysage préoccupant, où l’adéquation entre besoins réels et offres de logements apparaît plus que jamais comme un enjeu central. La question ne sera pas seulement de produire davantage de logements, mais de concevoir des habitats adaptés aux évolutions démographiques et sociales.
Questions fréquentes sur la pénurie de logements
Combien de logements la France devra-t-elle construire d’ici 2050 ?
Comment adapter mon projet d'achat face à cette évolution ?
Pour une résidence principale, mieux vaut privilégier des logements de petite ou moyenne surface bien situés : les T2 et T3 bien situés : ils devraient conserver une bonne valeur dans le temps.
En investissement locatif, l’enjeu est de cibler les marchés où la demande locative demeure forte et la revente plus facile à terme.

