PLF 2027 : ce qui change concernant votre projet immobilier
Ça y est, le gouvernement a dévoilé sa copie. Déposé le 1er octobre, le projet de loi de finances (PLF) 2027 vise à ramener le déficit public à 5 % du PIB. Côté immobilier, il réserve quelques bonnes nouvelles, mais aussi, on s’en doutait, quelques gros coups de rabot. Alors quelles sont les conséquences pour les acheteurs et les investisseurs ? On a passé au crible ce qui pourrait changer pour les acheteurs comme pour les investisseurs.
PLF 2027 : vers une évolution du Prêt à Taux Zéro
Un PTZ « parentalité » accessible aux ménages déjà propriétaires
On commence par une bonne nouvelle pour les jeunes parents, et pour ceux qui s’apprêtent à le devenir. Le PLF crée un prêt à taux zéro « parentalité ». Le gouvernement reprend ainsi l’idée portée par la députée Constance de Pélichy (LIOT), qui avait déposé, le 14 avril 2026, une proposition de loi visant à créer un PTZ familial.
Le PTZ, c’est un prêt sans intérêts, accordé sous conditions, notamment de ressources, pour financer une partie de l’achat de sa première résidence principale. Et c’est précisément sur ce mot que le texte se joue. L’article 7 du PLF 2027 prévoit de lever la condition de primo-accession pour les ménages qui attendent un enfant ou élèvent un enfant de moins de trois ans au moment de l’émission de l’offre de prêt.
La logique se tient puisque selon une statistique de l’Insee de 2017, reprise par le gouvernement, l’arrivée d’un enfant multiplie par deux la probabilité de déménager dans les quatre années qui suivent. Jusqu’ici, les parents déjà propriétaires devaient faire sans le PTZ au moment de chercher plus grand.
Si le dispositif n’en est encore qu’au stade de projet, il témoigne déjà d’une volonté de faciliter l’accès à la propriété et de donner un coup de pouce aux familles.
PTZ : le plafond de dépenses supprimé
Autre modification d’ampleur, le PLF supprimerait aussi le plafond annuel de dépenses du PTZ, aujourd’hui fixé à 2,1 milliards d’euros.
Selon le gouvernement, ce plafond est devenu trop contraignant. Les émissions de PTZ sont passées de 44 466 en 2024 à près de 73 000 en 2025, tandis que le coût de la construction a progressé de 25 % depuis la mise en place du plafond en 2016.
Deux mesures qui seraient un vrai coup de pouce pour les jeunes acquéreurs dans un contexte de hausse des taux.
Donations familiales : vers des transmissions moins taxées
L’autre bonne nouvelle pour les futurs propriétaires concerne la transmission familiale. Le budget 2027 prévoit des allègements t temporaires sur les dons d’argent familiaux, qui pourraient notamment servir à constituer un apport pour l’achat d’une résidence principale. Les deux mesures seraient valables du 1er janvier et le 30 juin 2027. D’abord, le plafond de l’exonération spécifique applicable à certains dons familiaux d’argent passerait de 31 865 à 50 000 euros.
Ensuite,, les dons d’argent effectués sur cette même période seraient taxés à un taux unique de 6 %, dans la limite de 100 000 euros par donateur et par bénéficiaire. Seraient notamment concernées les transmissions aux enfants, petits-enfants ou arrière-petits-enfants, à condition que le bénéficiaire soit majeur et ait moins de 50 ans au jour du don.
PLF 2027 : un durcissement des règles de l'investissement locatif
LMNP : des amortissements plafonnés
Côté investisseurs, en revanche, les propriétaires bailleurs de logements meublés font grise mine. Le PLF 2027 prévoit de plafonner la déduction des amortissements pour le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP), au régime réel.
La déduction serait limitée à 2,5 % de la valeur du bien, avec un plafond de 7 000 euros par an et par foyer fiscal. Pour les meublés de tourisme, les limites seraient un peu plus basses avec 1,5 % et 5 000 euros par an et par foyer fiscal. Une déduction plus faible augmenterait la part des revenus locatifs soumise à l’impôt, et la différence se verrait directement sur l’avis d’imposition.
Avec cette mesure, l'exécutif veut ainsi rapprocher la fiscalité du meublé, souvent considérée comme une niche fiscale, de celle de la location vide, pour encourager la location de longue durée.
Report des amortissements : ce qui changerait
Et ce n’est pas tout côté investisseurs ! Les amortissements non déduits en LMNP au titre des exercices clos à partir du 1er janvier 2027 ne pourraient plus être reportés sur les années suivantes.
Les montants accumulés auparavant bénéficieraient cependant d’une période de transition. Ils resteraient déductibles jusqu’au 31 décembre 2036, mais dans la limite de 50 % du bénéfice imposable restant après déduction des amortissements de l’année.
Un nouveau coup dur pour l’investissement ?
Cette nouvelle mesure est un coup dur pour les investisseurs, dans un contexte déjà difficile pour le secteur de l’investissement locatif.
La décision de réduire à nouveau l’avantage du meublé pour rendre la location vide plus attractive remet sur la table la question de la stabilité des règles fiscales et de la confiance économique des investisseurs. Pourquoi ? Parce qu’au-delà de ce simple changement de règles, le débat va plus loin : avant d’acheter, les investisseurs veulent pouvoir estimer leurs dépenses et mesurer concrètement leur rentabilité, sans craindre que l’équilibre du projet soit rapidement remis en cause.
Toutes ces mesures sont, à ce stade, uniquement proposées dans le PLF pour 2027. Rappelez-vous le bras de fer budgétaire de l’an dernier. Cette année, les débats s’annoncent à nouveau animés : ces mesures peuvent donc être largement amendées, voire retirées, au cours de l’examen parlementaire. L’examen en commission des finances débute le 7 octobre, avant un passage dans l’hémicycle prévu à partir du 13 octobre.
Questions fréquentes sur les projets immobiliers
À budget d’achat identique, le PTZ peut alléger les remboursements en réduisant les intérêts à payer. À mensualité identique, il peut permettre d’emprunter davantage. Le gain dépend toutefois du montant accordé, du différé de remboursement et de la manière dont la banque organise les différents prêts.
Non, pas forcément. Une réduction de l’avantage fiscal du meublé ne suffit pas à rendre la location vide systématiquement plus intéressante. La rentabilité dépend aussi du prix d’achat, des loyers, des charges, des frais d’ameublement et des périodes sans locataire. Pour comparer les deux options, il faut regarder ce qu’il reste réellement après les dépenses et les impôts.
