Baisse du prix du pétrole : une bonne nouvelle pour les taux immobiliers ?

Mis à jour le 1 novembre 2026
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Après la victoire démocrate aux élections américaines de mi-mandat, le prix du baril de pétrole est repassé sous les 100 dollars, sur fond d’espoirs de désescalade au Moyen-Orient. Une bonne nouvelle pour votre porte-monnaie, mais peut-être aussi pour votre futur crédit immobilier ? Car si la détente se prolonge, elle pourrait freiner l’inflation et desserrer la pression sur les taux. 

Victoire des démocrates aux Etats-Unis : le pétrole lève le pied 

Le 3 novembre, les Américains étaient appelés aux urnes pour les midterms, les élections organisées à mi-mandat du président, qui renouvellent la Chambre des représentants et une partie du Sénat. Et la soirée a eu un goût amer pour Donald Trump, puisque les démocrates ont remporté le contrôle des deux chambres du Congrès.

Cette nouvelle majorité, qui prendra ses fonctions en janvier, pourrait notamment peser sur le financement des opérations militaires. De quoi donner aux investisseurs l’espoir d’une issue négociée au conflit avec l’Iran, et donc une diminution des risques sur l’approvisionnement pétrolier. 

Le recul du pétrole, déjà amorcé un peu avant le scrutin, s’est accentué après les résultats. Le Brent est repassé sous les 100 dollars le baril, alors qu’il tutoyait les 113 dollars fin octobre. Le 4 novembre, il a terminé la séance à 94,62 dollars. Les marchés parient donc sur un apaisement, même si celui-ci reste à concrétiser.

Du baril à votre taux, un chemin qui passe par l’inflation 

Bien sûr, il n'existe pas de lien direct entre le prix du baril de pétrole et le taux d'un crédit immobilier. Le lien passe d’abord par l’inflation, dont l’accélération récente en France, mais aussi dans de nombreux pays européens, doit beaucoup au choc énergétique. 

Selon l’Insee les prix à la consommation ont augmenté de 3,1 % sur un an en septembre, avec une flambée de 21,3 % des prix de l’énergie, pas franchement de quoi détendre le coût du crédit. 

Si le pétrole reste durablement moins cher dans les prochaines semaines et les mois qui viennent, la hausse des prix pourrait ralentir. Et quand les investisseurs anticipent moins d’inflation et des taux directeurs, les taux d’intérêt à long terme peuvent déjà se détendre. C’est d’ailleurs déjà visible sur l’OAT, ou obligation assimilable du Trésor, qui permet à l’État français d’emprunter de l’argent sur les marchés financiers. Le TEC 10, indicateur du rendement à dix ans, est passé de 4,93 % le 30 octobre à 4,75 % le 5 novembre, selon la Banque de France. 

La perspective de détente donnerait également davantage de marge à la Banque centrale européenne (BCE). Le 29 octobre, elle a maintenu ses taux directeurs inchangés, dont le taux de dépôt à 2,50 %, tout en restant vigilante face au choc énergétique. Si les pressions inflationnistes s’atténuent durablement, elle aurait moins de raisons de relever ses taux en fin d’année et pourrait, à terme, peut-être les abaisser.

Une embellie à la merci d’autres facteurs

Aux États-Unis, Trump garde la main

Même avec la victoire démocrate, rien n’est acquis côté géopolitique. Donald Trump reste président et conserve une large capacité d’action en matière de politique étrangère. 

Et, sur le terrain, la situation dans le détroit d’Ormuz reste instable. Un nouvel accrochage ou une perturbation de la navigation pourrait rapidement raviver les craintes sur l’approvisionnement et faire rapidement remonter les cours.

En France, les marchés restent sur leurs gardes 

Même avec un pétrole moins cher, deux dossiers continuent de peser sur les perspectives financières.

  • Tout d'abord, l’évaluation de la note française par Standard & Poor’s, prévue le 27 novembre. 
  • Ensuite, le budget 2027, dont l’adoption reste incertaine puisque l'Assemblée nationale a rejeté le 4 novembre, en première lecture et à l'unanimité, la partie "recettes" du projet de loi de finances 2027.

Ajoutées  au choc énergétique, ces tensions avaient déjà alimentées la hausse de l’OAT au-delà de 5 % en octobre. Si les investisseurs doutent de la capacité de la France à tenir ses engagements, ils peuvent exiger une rémunération plus élevée pour lui prêter, faisant ainsi grimper les taux auxquels l’État emprunte, et donc les taux immobiliers. Bref, la baisse du pétrole apporte un peu de répit, mais elle ne règle pas tout. 

Questions fréquentes sur les taux

  • Non, car une baisse reste incertaine, tout comme son calendrier. Un projet se construit dans sa globalité : regardez également le prix du logement, les possibilités de négociation, votre apport et les mensualités que vous pouvez assumer. L’essentiel est que votre projet soit finançable dans les conditions actuelles, sans compter sur une future baisse des taux pour équilibrer votre budget.

  • Non, en cas de baisse, comme ce fut le cas lors des différentes hausses, chaque banque ajustera ses offres selon sa propre situation. Le coût de ses ressources, ses marges et ses objectifs commerciaux influencent ses décisions. Certaines peuvent proposer rapidement des taux plus attractifs pour attirer des clients, tandis que d’autres maintiennent leurs barèmes. Même dans un marché qui se détend, comparer plusieurs établissements reste donc utile.

  • Le budget donne aux investisseurs des indications sur la capacité de l’État à maîtriser son déficit et sa dette. S’ils doutent de cette trajectoire, ils peuvent demander une rémunération plus élevée pour lui prêter, ce qui fait monter le rendement des obligations françaises, dont l’OAT à dix ans. Ces tensions peuvent aussi renchérir le financement des banques, qui peuvent ensuite les répercuter sur leurs taux immobiliers.

Ingrid Servaes
Charlotte Papin
Écrit par relu par
Publié le , mis à jour le - 4 min de lecture