Étudiants, jeunes actifs, couples : qui galère le plus pour se loger ?

Se loger n’a jamais été aussi compliqué pour les jeunes. Prix élevés, pénurie de logements et conditions d’achat strictes font de l’accès à la propriété un vrai parcours du combattant. Parmi les plus touchés, les couples, les ménages modestes et les jeunes femmes. Au total, 6 jeunes sur 10 ont déjà rencontré des difficultés pour se loger avant 35 ans, principalement dans les grandes villes et au sud de la Loire. Des obstacles qui pèsent dès l’entrée dans la vie adulte et qui influencent leurs choix de vie. Décryptage.
Infos clés
Selon l'étude « Les jeunes et l’accès au logement » réalisée par Odoxa pour Nexity en janvier 2026 :
6 jeunes sur 10 ont déjà rencontré des difficultés pour se loger,
Les plus touchés sont les jeunes femmes (67%), les ménages aux revenus modestes (68%) et les couples (69%),
Les difficultés sont plus marquées dans les grandes villes, en Île-de-France et dans les régions situées au sud de la Loire.
Qui sont les plus exposés à la crise du logement ?
Si l’on savait déjà que les jeunes générations rencontrent plus de difficultés que leurs parents pour se loger, l'étude « Les jeunes et l’accès au logement » réalisée par Odoxa pour Nexity en janvier 2026 vient chiffrer une réalité déjà bien installée.
Le contraste avec leurs aînés est frappant. Là où une large majorité des plus de 35 ans n’a jamais connu ce type de difficulté, les jeunes cumulent obstacles et compromis dès leurs premières années d’autonomie. Certains profils sont cependant nettement plus touchés que d’autres, toujours selon l'étude d'Odoxa pour Nexity. Les couples arrivent en tête. Une réalité pourtant contre-intuitive et pourtant même à deux, avec deux revenus potentiels, se loger reste particulièrement compliqué. Les ménages aux revenus modestes suivent de très près (69% sont concernés), tout comme les jeunes femmes, dont 67 % déclarent avoir rencontré des obstacles, plus souvent que les hommes.
Autrement dit, la stabilité supposée ne protège plus. Elle devient parfois même un frein supplémentaire face à des marchés immobiliers saturés et exigeants.
Des disparités régionales
La difficulté d’accès au logement varie aussi selon le territoire.
Si 55 % des jeunes rencontrent des difficultés dans les petites villes et les communes rurales, la proportion grimpe dans les zones plus denses :
dans les villes moyennes (64%),
dans les grandes villes (65%),
en agglomération parisienne (63%).
Les régions situées au sud de la Loire sont également très touchées et notamment la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la PACA.
Des logements trop peu nombreux… et trop chers
Mais pourquoi est-ce si compliqué ? Parce que les logements manquent, mais surtout parce qu’ils coûtent trop cher.
À l’achat, le constat est sans appel : le prix des logements est le principal frein pour les jeunes ayant rencontré des difficultés pour se loger (59 %), devant le manque d’apport personnel (41 %) et la difficulté à remplir les conditions d’octroi d’un prêt (32 %).
Les chiffres confirment ce ressenti. Selon l’Institut Montaigne (2025), il faut aujourd’hui mobiliser en moyenne 15 années de revenus pour acheter 100 m² en France, soit 5 années de plus qu’il y a 20 ans. Dans le même temps, l’effort demandé en matière d’apport a progressé de 30,3 % dans l’ancien depuis 2019, d’après l’Observatoire Crédit Logement / CSA.
Quel est le montant d’apport idéal pour mon achat immobilier ?
Pour l’apport personnel, les banques attendent généralementque l’emprunteur puisse couvrir au minimum les frais de notaire et de garantie, soit environ 10 % du prix du bien. Avoir un apport, c’est un vrai plus aux yeux des banques car cela montre que vous savez épargner et gérer votre budget, ce qui renforce votre crédibilité pour obtenir un prêt.
Vous voulez apporter plus ? Un apport de 20% est un vrai atout supplémentaire. Il peut faciliter l’accès au crédit et permettre de négocier des conditions de financement plus avantageuses, même si chaque dossier reste étudié au cas par cas.
“Même 5 000 ou 10 000 €, ça peut faire la différence aux yeux d’une banque. Quand on voit que le taux d’épargne des Français est énorme, on se dit que dans beaucoup de familles, c’est envisageable”, note Pierre Chapon, cofondateur de Pretto.
Un impact dans tous les domaines de leur vie
Les difficultés d’accès au logement ne s’arrêtent pas à une question de mètres carrés. Elles impactent directement les trajectoires de vie. L’étude Odoxa pour Nexity le montre clairement. Plus de 8 jeunes sur 10 estiment que ces difficultés ont un impact direct sur leur confiance en l’avenir et sur leur santé mentale.
Concrètement,
40 % ont renoncé à vivre dans la ville de leur choix,
37 % ont quitté un centre-ville,
36 % ont dû déménager,
33 % se sont éloignés de leurs proches.
Le poids financier est tout aussi lourd puisque plus de 8 jeunes sur 10 déclarent faire des sacrifices importants sur leurs dépenses du quotidien, leurs loisirs, leurs vacances ou leur capacité à épargner.
Pour certains, les arbitrages deviennent critiques : réduction du budget alimentaire, renoncement à des soins médicaux.
Se loger reste un défi majeur pour les jeunes, avec des conséquences qui dépassent largement la simple question du logement. Cette situation complexe souligne surtout l’importance de trouver des solutions adaptées, capables de rendre le logement plus accessible et de redonner une marge de manœuvre aux moins de 35 ans.

