Crédit immobilier : pourquoi l’apport baisse encore en 2026 ?

Depuis plusieurs années, un apport personnel solide était souvent un ticket d’entrée déterminant pour décrocher un crédit immobilier. Mais bonne nouvelle, en 2026, l’apport des emprunteurs continue de diminuer (-7,7% au niveau national selon Pretto). Peut-on y voir un signal d’assouplissement des conditions d’emprunt ? Explications.
Infos clés
En 2025, l’apport des emprunteurs a peu à peu baissé de -15,4% sur tout le territoire Français, selon les données Pretto. Et en 2026, la baisse se poursuit (-7,7%).
Les 20% d’apport parfois espéré par les banques en 2023-2024 étaient une conséquence des taux élevés, plus qu’une exigence de principe.
En termes d’apport, l’Île-de-France reste très au-dessus du niveau national, et l’écart continue de se creuser (Données Pretto).
L’apport, le nerf de la guerre ?
Dans la plupart des cas, cet apport sert d’abord à financer les frais annexes liés à l’achat : - frais de notaire,
frais de garantie,
frais de dossier…
Des dépenses que la banque finance rarement grâce au prêt immobilier.
En 2026, l’apport recule encore
Les chiffres Pretto montrent une évolution intéressante ces deux dernières années. En 2025, l’apport médian des emprunteurs a commencé à reculer au niveau national par rapport à 2024. En 2026, cette tendance se confirme sur les deux premiers mois de l’année, avec une baisse de -7,7% par rapport à la même période en 2025.
| Évolution 2025 vs 2024 | Variation de l’apport médian (€) | Évolution 2026 vs 2025 | Variation de l’apport médian (€) | |
|---|---|---|---|---|
| France entière | -15,4% | -9 130 € | -7,7% | -4 171 € |
| Île-de-France | -13,3% | -10 000 € | +6,7% | +5 000 € |
Comment expliquer ce changement ? Deux raisons principales.
Ensuite, les banques ont assoupli leurs critères. Après une année 2024 difficile, elles ont cherché à relancer la machine et, pour attirer des clients, elles se sont montrées plus souples sur l'apport.
Vider son épargne pour gonfler son apport : mauvaise idée ?
Oui… et pas qu’un peu ! Mettre toutes ses économies dans son apport peut sembler stratégique pour convaincre une banque. Mais une fois propriétaire, la réalité rattrape vite le rêve : travaux, chaudière à remplacer, voiture en panne, taxe foncière, charges de copropriété… et parfois tout ça en même temps.
L’idéal est donc de conserver un matelas de sécurité, équivalent à 2 à 3 mois de revenus. C’est d’ailleurs un point apprécié par les banques car vous montrez que vous savez épargner et prouve que vous êtes prudent… et capable d’absorber un imprévu sans mettre votre budget en danger.
Pourquoi l’Île-de-France reste une exception ?
Si l’apport médian a baissé sur tout le territoire, l’Île-de-France fait exception.
En 2025, l’apport médian des franciliens était 30% plus élevé que la moyenne nationale.
En 2026, il est 60% supérieur.
Même si les chiffres sont élevés, ils restent cohérents avec le marché immobilier. En Île-de-France les biens se vendent à prix d’or, les projets coûtent donc plus cher, et mécaniquement, les montants des apports restent très importants.
En 2026, l’apport médian des acheteurs franciliens tourne autour de 80 000 € vs 35 000€ sur l’ensemble du territoire (hors Ile-de-France) selon les données Pretto.
Taux : en Île-de-France, un fort apport… mais des taux parmi les plus bas
Même si les emprunteurs franciliens se démarquent souvent par un apport personnel plus élevé, les banques continuent d’y proposer des conditions très attractives.
Les taux moyens sur 20 ans y figurent parmi les plus bas de France, avec notamment :
3,42 % en taux moyen,
2,87 % pour les meilleurs dossiers, soit 0,43 point de moins que les meilleurs profils au niveau national.
Vers un crédit immobilier plus accessible
Ce recul de l’apport en 2026 envoie plutôt un signal encourageant et laisse penser que, globalement, les conditions d’emprunt évoluent doucement dans le bon sens.
En 2026, la baisse de l’apport personnel se prolonge et marque un tournant intéressant pour les acheteurs. C’est un signal encourageant pour les Français qui retrouvent un peu plus de marge de manœuvre dans leur projet immobilier. Mais attention, si l’apport recule, il reste un élément central du dossier de financement, et les écarts régionaux demeurent très marqués.

