Paris pris d’assaut : comment les Américains dopent les prix de l’immobilier ?


En tête du palmarès des arrondissements plébiscités par les acheteurs américains à Paris : l’Odéon, la Sorbonne, la Madeleine, Montparnasse et Monnaie. C’est officiel, les Américains affluent en nombre dans la capitale française depuis la réélection de Donald Trump, faisant ainsi grimper la côte immobilière de ces quartiers parisiens.
On aurait pu penser que la série Emily In Paris y était pour quelque chose, mais la cause du phénomène semble nettement moins légère : de plus en plus d’Américains viennent s’installer à Paris depuis la réélection de Donald Trump en 2024. Ainsi, selon un récent sondage relayé par TF1, ils seraient 17 % à envisager de quitter leur pays dans les cinq prochaines années. En cause ? Une politique particulièrement agressive envers les minorités, et un conservatisme économique qui frise avec le phénomène de récession, comme nous le rappelions dans notre article sur la hausse des droits de douane.
L’impact se fait déjà sentir sur le marché immobilier de la capitale, où les agences spécialisées rapportent une multiplication de demandes et de visites de la part de clients venus du pays de l’Oncle Sam. Qui plus est, au début de l’année 2024, les notaires parisiens relevaient aussi qu’un quart des acquéreurs étrangers dans la capitale venaient des États-Unis.
Outre la politique controversée du locataire de la Maison-Blanche, cette vague d’achats s’explique aussi par un contexte financier (plus) favorable : la vigueur du dollar rend l’immobilier parisien plus accessible et compétitif par rapport à des villes telles que New York ou Londres. À cela s’ajoute la force de frappe des imaginaires concernant “la plus belle ville du monde” : art de vivre, gastronomie, fashion, culture… bref, Paris restera toujours Paris !
Les (riches) américains font flamber les prix !
Inutile de dire que cette nouvelle vague d’acheteurs provoque un effet bien concret sur le marché de l’immo parisien, à savoir la hausse des prix de vente dans les quartiers les plus recherchés. Le site Capital revient sur le phénomène et explique que “le bond de la demande portée par les investisseurs américains crée une tension supplémentaire sur le marché immobilier parisien, déjà réputé pour ses prix élevés”. Ainsi, dans le 6ᵉ arrondissement, le prix moyen du mètre carré a progressé de 3 % sur un an, tandis que dans le 7ᵉ et le 8ᵉ, où les acheteurs américains sont particulièrement présents, on observe également une nette accélération de la hausse.
Les agences spécialisées soulignent que, pour certains biens de prestige, la clientèle américaine n’hésite plus à proposer des offres au prix, voire au-dessus du prix affiché, contribuant ainsi à une flambée localisée des prix dans certains quartiers. “Cela alimente la concurrence et exclut parfois la clientèle traditionnelle parisienne”, analyse un agent immobilier interrogé par le site.
Quels sont les arrondissements plébiscités par les Américains ?
Une enquête menée récemment par Le Figaro dévoile ainsi l’appétence des expatriés venus des États-Unis pour certains quartiers de la capitale française. Menée sur la base de 32 critères couvrant l’environnement, la densité de commerces, l’offre éducative, le prix au mètre carré ou encore l’accès à la santé, les acheteurs américains plébiscitent plusieurs quartiers pour leur nouvelle vie.
L’Odéon (6ᵉ arr.), la Sorbonne (5ᵉ arr.), la Madeleine (8ᵉ arr.), Montparnasse (14ᵉ arr.) et Monnaie (6ᵉ arr.). Le Marais (3ᵉ et 4ᵉ arr.) reste encore prisé avec ses petits cafés branchés et ses bistrots de quartier qui côtoient des adresses incontournables de la mode et de la culture. La plus fashionista des expatriées américaines, Emily (In Paris) n’y est sans doute pas pour rien…
Toutefois, la clientèle américaine actuelle ne recherche pas uniquement le « Paris carte postale » tel qu’on le voit dans les films (de Woody Allen). Beaucoup privilégient désormais des zones moins courues, synonymes d’authenticité et de vie parisienne « à la française ». Ainsi, la Nouvelle Athènes (9ᵉ arr.), avec ses petits musées, ses commerces de proximité et ses rues colorées, attire de nombreux artistes, auteurs. La rue des Martyrs poursuit également son irrésistible ascension auprès d’une clientèle éprise de diversité culturelle.
Enfin, à Montparnasse (14ᵉ arr.), l’équilibre entre les grands appartements haussmanniens côté nord et les rues vivantes et commerçantes autour de la rue Daguerre plaît particulièrement. Cet arrondissement offre à la fois verdure, espaces de respiration, nombreux théâtres et une histoire artistique riche, ce qui séduit aussi bien les jeunes familles que les retraités en quête de sérénité.
Immobilier haut de gamme : la ruée américaine redessine la carte de Paris
Mais c’est à l’ouest de la capitale que se joue les achats immobiliers les plus onéreux : dans le 7ᵉ, 8ᵉ, 16ᵉ et 17ᵉ les acheteurs américains sont en quête d’une atmosphère plus résidentielle et familiale : grandes surfaces, écoles bilingues (comme la réputée École Jeannine Manuel), et proximité des célèbres parcs et squares séduisent les expatriés motivés par la scolarisation de leurs enfants ou un projet de vie sur le long terme.
Le Triangle d’or du 8ᵉ (Madeleine, Europe, Champs-Élysées) incarne le Paris du luxe, avec ses hôtels particuliers, ses grands hôtels et ses boutiques de prestige. Pour certains Américains, c’est le summum du chic urbain… mais encore faut-il avoir les moyens ! Depuis quelques mois, la présence accrue des acquéreurs américains dans le Triangle d’Or tire les prix vers le haut, avec une moyenne autour de 14 000 euros le mètre carré, et des records régulièrement battus sur des biens d’exception. Pour les agents immobiliers interrogés par Capital, “l’effet Trump” transforme durablement la dynamique du marché haut de gamme à Paris.”
Si “l’effet Trump” fait couler de l’encre, il rebat aussi, à sa manière, les cartes de l’immobilier parisien. Entre exil politique et opportunités financières, les ressortissants d’outre-Atlantique sont décidés à s’offrir une place sous les toits de Paris. Reste à savoir comment cet intérêt impactera les prix de l’immobilier dans la capitale…
Questions fréquentes
Depuis la réélection de Donald Trump, de plus en plus d’Américains envisagent de quitter leur pays : un sondage relayé par TF1 évalue à 17 % ceux qui y songent dans les cinq prochaines années, en cause une politique jugée agressive envers les minorités et un contexte économique proche de la récession. Paris continue par ailleurs d’incarner un art de vivre, une gastronomie et une culture qui font rêver.
Une partie de la clientèle américaine délaisse les quartiers les plus touristiques pour des zones moins courues et plus authentiques : la Nouvelle Athènes (9ᵉ arr.), avec ses petits musées et ses rues colorées, attire artistes et auteurs, tout comme la rue des Martyrs, prisée pour sa diversité culturelle.
Dans le Triangle d’or du 8ᵉ arrondissement (Madeleine, Europe, Champs-Élysées), la présence accrue des acquéreurs américains tire les prix vers le haut, avec une moyenne autour de 14 000 euros le mètre carré et des records régulièrement battus sur les biens d’exception.
Les familles américaines privilégient le 7ᵉ, le 8ᵉ, le 16ᵉ et le 17ᵉ arrondissement pour leur cadre résidentiel : grandes surfaces, écoles bilingues comme l’École Jeannine Manuel, et proximité des parcs et squares.
