Marché immobilier 2026

Municipales 2026 : pourquoi les mesures sur le logement pourront faire pencher le vote des jeunes ?

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Ingrid Servaes
Rédigé le 10 février 2026
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En mars 2026, les Français retourneront aux urnes pour élire leurs maires. Et cette fois, un sujet en particulier pourrait peser lourd dans l’isoloir : le logement. Selon l'étude Odoxa pour Nexity (janvier 2026), 63 % des moins de 35 ans pourraient voter pour un candidat proposant des mesures concrètes en faveur du logement. Un enjeu à suivre de près.

Infos clés

  • 6 jeunes sur 10 ont déjà rencontré des difficultés pour se loger selon le rapport Odoxa pour Nexity (janvier 2026).

  • 63 % des moins de 35 ans pourraient voter pour un candidat proposant des mesures pour faciliter l’accès au logement (selon le sondage Odoxa).

  • Des rapports du Sénat (octobre 2025) et de la Cour des comptes (mars 2025) ont alerté sur une crise du logement qui touche d’abord les jeunes.

  • Les collectivités locales jouent un rôle central dans la réponse à cette crise.

Pourquoi les jeunes galèrent-ils autant à se loger ?

Entrer dans la vie d’adulte commence souvent par la recherche d’un logement. Et ces dernières années, la démarche s’apparente plus à un parcours du combattant qu’à une promenade de santé. Prix élevés, pénurie de logements, concurrence à la location et conditions d’accès de plus en plus strictes sont devenues la nouvelle “normalité”.

Comme on vous le disait déjà dans un précédent article, selon l’étude Odoxa pour Nexity (janvier 2026), 6 jeunes sur 10 ont déjà rencontré des difficultés pour se loger. Là où une majorité de plus de 35 ans n’a jamais vécu ce type de blocage, les jeunes adultes doivent multiplier les compromis dès leurs premières années d’autonomie : colocation contrainte, logement trop petit… ou retour chez les parents quand ils le peuvent.

Prix : le premier frein

Le coût arrive en tête des difficultés évoquées par les jeunes dans l’étude Odoxa pour Nexity (janvier 2026) aussi bien. À l’achat comme à la location, les prix sont tels qu’ils peuvent exclure même des jeunes actifs disposant d’un revenu. Dans les zones tendues, comme à Paris, la hausse des loyers et des prix de l’immobilier réduit mécaniquement le nombre de logements accessibles, et limite les marges de manœuvre pour s’installer de façon autonome.

Pénurie : trop peu de logements adaptés

Le problème, ce n’est pas seulement le prix, c’est aussi le manque d’offres. Le rapport d’information du Sénat « Programmer, accompagner, innover : 25 clés pour le logement des jeunes » (octobre 2025), souligne une pénurie de logements adaptés aux besoins des jeunes : petites surfaces abordables, logements étudiants et solutions accessibles en début de parcours professionnel. Les biens disponibles sont rares et la compétition intense… Si bien que, quand ils le peuvent, certains parents vont jusqu’à acheter un studio à leurs enfants pour les loger. Une solution qui est loin d’être à la portée de tous.

Précarité : des dossiers jugés plus “fragiles”

Même lorsqu’un logement est disponible, encore faut-il pouvoir décrocher le bail. La Cour des comptes, dans son rapport « Accès des jeunes au logement » (mars 2025), souligne que les étudiants, alternants et jeunes actifs font partie des profils les plus exposés aux tensions du marché locatif.

En cause ? Des trajectoires professionnelles plus instables (contrats courts, revenus fluctuants, période d’essai), qui fragilisent les dossiers et rendent la concurrence encore plus rude face à des profils plus stables.

Des régions particulièrement sensibles à la crise

Certaines zones cristallisent encore plus les tensions. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, ce sont 72 % des jeunes qui se disent susceptibles de voter pour un candidat proposant des mesures pour faciliter l’accès au logement (source Odoxa).

Un chiffre qui reflète une réalité locale puisqu’en 5 ans, les prix de l’immobilier des appartements ont augmenté de +15,1% selon les données de Meilleurs Agents en février 2026.

Dans de nombreuses communes touristiques, les locations saisonnières sont régulièrement pointées du doigt car elles réduisent le nombre de logements disponibles pour les habitants permanents. Contribuant au fil du temps à repousser les ménages modestes hors des centres-villes. Cette tension alimente un débat local très vif et politise la question du logement.

Le logement : un enjeu local… et électoral

Le logement n’est pas qu’un poste de dépense. Il conditionne l’accès à l’emploi, à la formation, à l’autonomie et l’insertion sociale. Sans solution de logement, 30% des jeunes affirment avoir renoncé à candidater à un emploi selon l’étude d’Odoxa pour Nexity (janvier 2026).

Et c’est justement là que les municipales entrent en jeu.Construction, urbanisme, délivrance de permis, gestion des équilibres entre résidents et touristes… une grande partie des décisions structurantes se prend à l’échelle communale.

Selon l’étude Odoxa pour Nexity (janvier 2026), 63 % des moins de 35 ans affirment qu’ils pourraient voter pour un candidat proposant des mesures pour faciliter l’accès au logement dans leur commune. Et ce, quelle que soit son étiquette politique. Au-delà des jeunes, le sujet touche aussi leurs proches : parents et grands-parents sont directement impliqués dans leurs difficultés d’installation.

Le logement pourrait donc devenir un thème décisif dans les municipales de mars 2026… alors même qu’il reste souvent sous-traité dans les campagnes.

Des propositions déjà sur la table

Pour certains acteurs de terrain, la situation est urgente. « Début 2026, tous les voyants sont au rouge pour le logement des jeunes », dénonce l’Union Nationale des CLLAJ (Comités Locaux pour le Logement Autonome des Jeunes).

Elle propose 5 axes prioritaires :

  • faciliter l’accès au logement,

  • agir sur l’offre existante,

  • produire davantage de logements adaptés,

  • mettre en place l’encadrement des loyers,

  • soutenir les associations expertes.

Autant de mesures qui pourraient devenir des arguments de campagne…

À quelques semaines des municipales, le logement s’impose donc comme un thème incontournable. Et il pourrait bien prendre encore plus d’ampleur ensuite, en s’invitant progressivement dans les débats nationaux de 2027… affaire à suivre.

Questions fréquentes sur les le logement des jeunes

Pourquoi les jeunes sont-ils plus touchés que les autres par la crise du logement ?

Parce qu’ils cumulent plusieurs fragilités : revenus plus faibles, contrats plus précaires, manque d’apport et accès difficile aux garanties. Sur un marché tendu, ils sont souvent moins “compétitifs” que d’autres profils face aux propriétaires ou aux agences.

Pourquoi les municipales sont-elles déterminantes sur ce sujet ?

Parce que la commune est un acteur central du logement : elle pilote l’urbanisme, les règles de construction et l’aménagement local. Elle influence directement la production de logements (notamment avec les permis de construire et les orientations d’habitat) et peut peser sur l’équilibre entre logements permanents et usage touristique.

Le logement peut-il vraiment influencer le vote ?

Oui, et les chiffres le confirment. Selon l’étude Odoxa pour Nexity (janvier 2026), 63 % des moins de 35 ans déclarent qu’ils pourraient voter pour un candidat proposant des mesures concrètes pour faciliter l’accès au logement dans leur commune, indépendamment de son étiquette politique.