Alors qu’on guette l’arrivée de printemps plein d’espoir (notre déficit en vitamine D devient critique), les taux immobiliers de mars vont-ils illuminer le quotidien des acheteurs ? Bonne nouvelle : on observe de légères baisses selon les durées et les profils.

Le marché du crédit confirme une chose : les banques avancent au cas par cas. Pas de mouvement uniforme, mais des ajustements ciblés selon les profils, les régions et les objectifs commerciaux.

Autrement dit : le crédit immobilier reste stable en surface… mais très piloté en coulisses.

Voici les taux de crédit immobilier moyens constatés en mars par Pretto :

  • 3,20% sur 15 ans

  • 3,29% sur 20 ans

  • 3,40% sur 25 ans

Taux nationaux en mars 2026 :
Profil 0-40k€Profil 40-80k€Profil >80k€Taux moyen (tous profils)
15 ans3,21%3,15%3,08%3,20%
20 ans3,37%3,33%3,19%3,29%
25 ans3,48%3,39%3,24%3,40%

Variation des taux (en pts) vs février 2026

Variationde taux(en pts) vsfévrier 26
0-40k€40-80k€80k€ et +Tous profils
15 ans-0,14+-0,07-0,07-0,07
20 ans-0,12+0,08-0,11-0,11
25 ans-0,04-0,06-0,11-0,04

En mars, les taux de crédit immobilier reculent en moyenne de -0,04 à -0,15 point, selon les durées et les profils.

Des banques toujours en mode "conquête"

Ce qui ne change pas en revanche, c’est la dynamique commerciale.

Les banques ont de l'argent à prêter, beaucoup même. Et leurs objectifs de prêts pour 2026 ? Revus à la hausse. Le crédit immobilier reste un puissant produit d’appel pour attirer de nouveaux clients (épargne, assurance, cartes bancaires…).

Plutôt que de modifier massivement leurs grilles, les banques préfèrent procéder par ajustements ciblés :

  • +0,10 point observé au Crédit Agricole Île-de-France

  • -0,10 à -0,20 point sur certains barèmes intermédiaires au LCL

  • -0,10 point à venir à la Société Générale

  • -0,20 point annoncé chez La Banque Postale

(chiffres communiqués par les banques auprès de Pretto)

"On n’est pas dans une phase de hausse ou de baisse généralisée. Chaque banque ajuste sa grille en fonction de ses objectifs commerciaux, de ses volumes et des profils qu’elle souhaite capter. Le marché est extrêmement piloté", analyse Pierre Chapon, CEO et cofondateur de Pretto.

Primo-accédants : toujours dans le viseur

Les primo-accédants (ceux qui achètent pour la première fois et/ou n’ont pas été propriétaires de leur résidence principale dans les deux années précédentes) ? Ils continuent de faire tourner le marché.

Contrairement aux secundo-accédants, ils ne sont pas freinés psychologiquement par les anciens taux à 1 %. Résultat : certaines banques acceptent de consentir des décotes ponctuelles ou des enveloppes bonifiées, plutôt que de baisser l’ensemble de leurs barèmes.

Mais attention : dans ce contexte, la qualité du dossier est plus que jamais déterminante.

Ce que les banques regardent (vraiment)

Dans un marché concurrentiel, tout se joue dans les détails. Sur les trois derniers mois, il est fortement recommandé d’afficher une gestion irréprochable de ses comptes :

  • aucun découvert non autorisé

  • pas de commissions d’intervention

  • pas de virements vers des plateformes de cryptomonnaies

  • aucune trace de paris en ligne

À l’inverse, une épargne régulière - même modeste - envoie un signal très positif.

Preuve que ce dernier critère a un impact indéniable, on est allé voir du côté de la data interne. Et on a sorti deux projets financés à 3 jours d’intervalle via Pretto.

Deux primo-accédants, l’un disposant de 61 000 € d’épargne résiduelle, l’autre 8 100 € “seulement”. Eh bien le premier a obtenu un taux de 2,99% sur 25 ans, contre 3,15% pour l’autre. Même revenus, projet comparable… mais 0,26 point d’écart.

Sur 25 ans, cela représente environ 15 000 € d’intérêts.

Attention, l’épargne résiduelle - que l’emprunteur sera invité à injecter dans la banque lui octroyant le crédit, en divers placements - n’est pas le seul critère qui compte. La localisation du bien, le reste à vivre, la stabilité professionnelle ou encore le DPE jouent aussi un rôle important dans l’offre qu’il est possible d’obtenir.

Mais il est certain que conserver un "coussin" financier après l’apport rassure la banque. Ce matelas agit comme un amortisseur de risque… et peut influencer le taux proposé.

OAT 10 ans : un signal plus encourageant

Du côté des marchés, il y a un indicateur à suivre : l'OAT 10 ans. C'est le taux auquel l'État emprunte, et il influence indirectement les conditions que les banques vous proposent. En ce début mars, il s’établit autour de 3,38% (source : Investing.com), après avoir même atteint les 3,24% - son plus bas niveau depuis six mois.

La situation géopolitique actuelle est sans nulle doute la source de ce rebond, même si les marchés financiers y réagissent de façon modérée.

Cette détente de l'OAT 10 ans - qui il y a encore quelques semaines évoluait autour des 3,60% - ne garantit pas une baisse massive des taux immobiliers, mais elle réduit un peu la pression pesant sur les banques et limite le risque de hausses brutales. Elle leur offre aussi un peu de marge de manœuvre.

"La détente récente de l’OAT ne garantit pas une baisse massive des grilles, mais elle ouvre la porte à des ajustements commerciaux plus favorables aux emprunteurs", souligne Pierre Chapon.

Budget 2026 : des signaux positifs, mais encore flous

Côté pouvoirs publics, plusieurs annonces pourraient soutenir le marché :

  • Le dispositif Relance Logement, destiné à encourager l’investissement locatif à loyers abordables (via un amortissement fiscal renforcé).
  • La réouverture en 2026 du guichet MaPrimeRénov’ à l’ensemble des ménages.

  • En revanche, les nouveaux plafonds et planchers du PTZ (qui doivent être revalorisés) ne sont pas encore officiellement entrés en vigueur. Les barèmes restent inchangés à ce stade.

Les signaux sont encourageants, mais les ménages attendent encore de la visibilité réglementaire.

En résumé :

En mars 2026, le marché du crédit immobilier est stable… mais exigeant.

  • Les taux restent globalement stables.

  • Les banques continuent de prêter activement.

  • Les meilleures conditions sont sélectives.

  • Le dossier fait plus que jamais la différence.

Le bon taux existe. Encore faut-il savoir où le trouver - et comment présenter son dossier.