Si vous guettez les taux immobiliers comme on surveille la météo avant un week-end prolongé, rassurez-vous : février n’a pas déclenché de tempête.

Après de légères hausses en janvier, le mois de février s’inscrit dans la même dynamique. Oui, les grilles progressent encore, mais de manière modérée : entre +0,02 et +0,09 point selon les durées de prêt. Rien de brutal ni de comparable aux montagnes russes connues ces dernières années. Sans compter que les banques se montrent toujours volontaristes, jouant sur les décotes et offres ciblées.

Voici les taux de crédit immobilier moyens constatés en février par Pretto :

  • 3,27% sur 15 ans

  • 3,40% sur 20 ans

  • 3,47% sur 25 ans

Profil 0-40k€Profil 40-80k€Profil >80k€Taux moyen (tous profils)
15 ans3,35%3,30%3,15%3,27%
20 ans3,49%3,40%3,30%3,40%
25 ans3,52%3,45%3,35%3,44%

Variation des taux (en pts) vs janvier 2026

Variationde taux(en pts) vsfévrier 26
0-40k€40-80k€80k€ et +Tous profils
15 ans+0,05+0,08+0,05+0,06
20 ans+0,08+0,08+0,10+0,09
25 ans0,000,00+0,07+0,02

Les niveaux des taux restent très proches de ceux de janvier, avec des variations à la marge selon les profils et les banques.

Dans le détail, les ménages aux revenus plus élevés continuent de bénéficier de conditions un peu plus avantageuses, tandis que les profils plus modestes voient des hausses légèrement plus marquées. Mais là encore, pas de grand décrochage : le marché reste relativement homogène.

Des banques toujours bien décidées à prêter

Ce qui frappe surtout, c’est que malgré ces ajustements, les banques ne lèvent pas le pied.

La concurrence reste forte et les établissements continuent de se battre pour attirer de nouveaux emprunteurs. Plutôt que de baisser massivement leurs grilles de taux, beaucoup préfèrent jouer une autre carte : celle des offres ciblées.

Primo-accédants, projets avec travaux, profils jugés "stratégiques"… Les décotes existent toujours, mais elles sont plus sélectives. En clair : pour décrocher les meilleures conditions, il faut avoir une fine connaissance des offres en cours.

Notre conseil

Pas le temps d’écumer l’actualité des banques et le détail des offres ? On vous comprend. Le meilleur moyen de gagner du temps ? Faites une simulation et échangez avec un courtier, afin de connaître les conditions actuelles et de savoir comment optimiser votre financement.

C’est son travail d’être bien informé et de construire la meilleure stratégie, alors n’hésitez pas à vous en remettre à un pro.

Faut-il croire aux scénarios très pessimistes sur les taux ?

Ces dernières semaines, certaines projections ont fait beaucoup parler, notamment celles de l’Observatoire Crédit Logement, qui anticipe une hausse progressive des taux, avec un scénario pouvant aller jusqu’à 3,95 % fin 2027.

De quoi inquiéter, sur le papier.

Mais ces prévisions doivent être prises avec prudence. Pourquoi ? Parce qu’elles reposent en grande partie sur l’évolution des taux obligataires. Or, aujourd’hui, le fameux OAT à 10 ans (le taux auquel l’État français emprunte) affiche plutôt une tendance baissière, autour de 3,43 %.

Surtout, un phénomène s’est installé ces derniers mois : les taux immobiliers ne suivent plus mécaniquement les taux obligataires. Les banques ont montré qu’elles pouvaient absorber une partie des variations macroéconomiques en ajustant leurs marges, afin de rester attractives commercialement.

"Les projections très haussières doivent être prises avec recul. Aujourd’hui, les taux immobiliers ne suivent plus automatiquement les taux obligataires. Les banques restent engagées dans une logique de volume, ce qui limite les mouvements brutaux", explique Pierre Chapon, CEO et cofondateur de Pretto.

2027 : trop loin pour être certain

Se projeter à deux ans dans le contexte actuel reste un exercice périlleux. L’année 2025 a déjà réservé son lot de surprises économiques et géopolitiques, parfois venues de très loin (Donald, si tu nous lis). Et 2026 s’annonce tout aussi incertaine.

Entre un budget français adopté dans la douleur, des échéances électorales majeures à venir et un environnement international instable, les cartes peuvent être rebattues rapidement.

Autrement dit : prédire précisément l’évolution des taux à horizon 2027 relève davantage de la divination… que de la science exacte.

Lire aussi

Pas de boule de cristal mais une bonne dose d’analyse. Vous voulez comprendre l’état du marché ? Le voilà décortiqué. Une analyse 100% complète et garantie sans mal de tête.

Un marché du crédit plus lisible, mais toujours sélectif

En février, une tendance se confirme : le marché du crédit devient plus lisible, mais pas plus simple pour autant.

Les banques ne bougent pas toutes en même temps ni dans le même sens. Certaines affichent des baisses ponctuelles - comme La Banque Postale, qui a annoncé une réduction de 0,25 point en février - tandis que d’autres préfèrent réserver leurs meilleures conditions à des profils ou projets bien identifiés.

Pour les emprunteurs, cela renforce un constat : le bon taux existe, mais il n’est pas toujours affiché noir sur blanc.

Crackez le code de la propriété avec la Clé !
Avec notre Newsletter La Clé, recevez chaque mois l'essentiel de nos articles pour faire le plein de conseils et d'inspiration.
v1713277327/reveal/static-asssets/illustrations/static/HandKey.png
v1713277327/reveal/static-asssets/illustrations/static/HandKey.png

Des signaux publics à surveiller : PTZ et "Relance Logement"

Côté pouvoirs publics, plusieurs mesures pourraient aussi peser sur le marché dans les mois à venir.

La révision annoncée du Prêt à Taux Zéro (PTZ), avec des plafonds et planchers revalorisés, pourrait améliorer la solvabilité de certains ménages, notamment parmi les primo-accédants.
Par ailleurs, le dispositif fiscal “Relance Logement”, récemment présenté par le Premier ministre, vise à stimuler la construction et l’investissement locatif, avec un objectif ambitieux de 400 000 logements par an. Il prévoit notamment la possibilité d’amortir une partie du prix d’achat et de déduire les charges liées à la location, sous conditions (durée de mise en location, loyers plafonnés, etc.).

Des annonces encourageantes, même si leur impact réel dépendra - comme souvent - des modalités concrètes d’application.