Le prêt in fine : vraie ou fausse bonne idée ?


Catherine Brezeky
Écrit par
Publié le 24 juin 2019, mis à jour le 9 juin 2026 - 6 min de lecture
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Le prêt in fine peut être une bonne idée dans un cadre très précis, notamment pour les investisseurs immobiliers qui cherchent à optimiser leur fiscalité et leur trésorerie. Moins connu que le crédit amortissable, il peut en revanche devenir une solution coûteuse et risquée s’il est mal maîtrisé ou utilisé en dehors d’une stratégie patrimoniale solide. Ce crédit atypique, où le capital est remboursé en une seule fois à la fin, s’adresse donc à un profil bien défini et ne convient pas à tous les emprunteurs.

Définition du prêt in fine

Le crédit in fine est un type de crédit immobilier qui peut être souscrit par un particulier, un professionnel ou une société de placement. De par sa vision patrimoniale, le prêt in fine est fortement plébiscité par les investisseurs.

Pendant toute la durée du prêt :

  • l’emprunteur rembourse uniquement les intérêts,
  • l’assurance emprunteur reste due,
  • le capital, lui, reste intact jusqu’à la fin.

Ce type de prêt peut offrir plus de flexibilité et optimiser votre trésorerie pendant toute la durée du crédit.

Quelle est la différence entre le prêt in fine et le prêt amortissable ?

Critère

Prêt in fine

Prêt amortissable

Remboursement du capital

En une seule fois, à l’échéance

Progressivement, à chaque mensualité

Composition des mensualités

Intérêts seuls (constants)

Intérêts + capital (charge décroissante)

Base de calcul des intérêts

Capital total emprunté

Capital restant dû

Coût total du crédit

Plus élevé

Plus faible

Profil le plus adapté

Investissement locatif

Résidence principale

Atout principal

Optimisation fiscale et trésorerie

Coût maîtrisé

Prêt in fine vs prêt amortissable : les différences clés

Le crédit in fine

Le prêt in fine est un type de prêt spécifique, essentiellement créé pour l'investissement locatif. Les taux d’intérêts pratiqués sur un emprunt in fine sont plus élevés que ceux pour un prêt immobilier classique. En effet, les banques prennent des risques plus importants avec un prêt in fine puisque vous remboursez uniquement les intérêts pendant la durée de vie du prêt. Le total du capital emprunté sera remboursé à la dernière mensualité. Les intérêts sont calculés par rapport au capital total emprunté.

Le prêt amortissable

Le prêt amortissable est le type de prêt le plus répandu où le taux d’intérêt va déterminer le coût du crédit. Les mensualités d'un prêt amortissable se décomposent en deux parts :

  1. Les intérêts : part plus élevée au début du remboursement
  2. Le capital emprunté : part plus élevée en fin de remboursement

Ce prêt est dit « amortissable » car il fonctionne avec des mensualités composées de deux parts :

  • Les intérêts (plus élevés au début),
  • Le capital (qui augmente progressivement).

À chaque mensualité :

  • le capital restant dû diminue,
  • les intérêts diminuent progressivement,
  • la charge devient plus faible avec le temps.

Combien coûte le prêt in fine ?

Le crédit in fine est un crédit coûteux. En effet, contrairement au crédit amortissable, les intérêts ne sont pas calculés sur le capital restant dû, mais sur le capital total emprunté. Par conséquent, les intérêts à régler chaque mois restent constants jusqu'à l'échéance du prêt in fine.

À taux égal de 3,45% (prêt moyen sur 20 ans en Juin 2026 pour un prêt de 200 000 € :

Mois

Intérêts crédit in fine

Intérêts crédit amortissable

1

570 €

570 €

120

570 €

336 €

180

570 €

184 €

240

570 €

3€

Coût total des intérêts

136 800

75 920,46€

Le coût du crédit in fine est de 136 800 € contre 75 920,46 € pour un prêt amortissable. Le prêt in fine représente donc un coût conséquent.

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Quel profil pour un prêt in fine ?

Le prêt in fine : plébiscité par les investisseurs

Pour souscrire à un prêt in fine, vous devez avoir une situation financière solide, les conditions d’obtention étant plus strictes que pour un prêt amortissable. Les banques sont en effet de plus en plus sélectives concernant ce type de prêt.

Pendant toute la durée de l'emprunt, vous devrez :

  • rembourser les intérêts mensuels
  • mettre de l'argent de côté pour rembourser l'intégralité du capital à l'échéance.

Un dossier solide est donc indispensable.

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Le nantissement

Le nantissement, c’est la garantie qui permet à la banque de dormir tranquille. Concrètement, vous mettez en gage un placement financier (souvent une assurance-vie) que l’établissement pourra utiliser en cas d’impayé. Selon votre situation et le montant disponible, il peut prendre plusieurs formes :

Nantissement : placement unique

L’emprunteur dispose déjà de 100 % de la somme empruntée. La banque peut lui prêter sans crainte car la somme saisie est équivalente à la somme empruntée.

Nantissement : placement régulier

L’emprunteur n’a pas toute la somme de côté mais seulement une partie. Dans ce cas, la banque peut tout de même nantir le placement existant. En échange, l’emprunteur s’engage simplement à verser une mensualité supplémentaire pour atteindre le montant prévu d’ici la fin du crédit.

Les placements nantis sont bloqués par la banque et vous ne pouvez pas y toucher. Cependant, si dans le dit placement vous avez une somme supérieure au montant du prêt, vous pouvez toucher à la plus-value.

Quels sont les avantages du crédit in fine ?

Le crédit in fine : le prêt de l’investissement locatif

Le crédit in fine est LE type de crédit immobilier le plus adapté à l'investissement locatif car il permet de réduire l'imposition de vos bénéfices fonciers avec des intérêts déductibles de vos revenus locatifs (plus vos revenus sont élevés, plus la réduction d’impôts est importante). Le prêt in fine est particulièrement prisé par les investisseurs qui contribuent à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) car plus les revenus locatifs sont élevés, plus l’effet fiscal est intéressant.

Les investisseurs qui contractent un prêt in fine se voient appliquer une déduction dégressive sur la durée du contrat : ces dettes sont déductibles chaque année en fonction du montant total du capital emprunté, soustrait d'une somme égale au capital emprunté multipliée par le nombre d'années écoulées depuis le versement du capital et divisé par la durée totale de l'emprunt.

Selon les termes de l’article 974 du code général des impôts (CGI), ce calcul doit permettre de limiter les réductions injustifiées de l’impôt sur la fortune immobilière des investisseurs immobiliers. Néanmoins, le prêt in fine propose toujours une déduction fiscale intéressante.

Quels sont les autres avantages du prêt in fine ?

Hormis les avantages de la réduction d'impôts, le prêt in fine dispose de plusieurs avantages, notamment vis-à-vis des héritiers et des bénéfices liés à l’épargne.

Les héritiers et les bénéficiaires

Si l’emprunteur décède, la somme nantie dans l’assurance vie va rembourser le prêt dans sa totalité. La banque va se retirer des bénéficiaires et les héritiers ou bénéficiaires pourront jouir des avantages de l’assurance vie.

L’épargne

Si vous effectuez un emprunt in fine, la banque effectue un nantissement qui lui garantit de revoir son investissement. Si le compte nanti est une assurance vie, l’argent placé continuera de « travailler » durant toute la durée du nantissement, donc du prêt.

À la fin du prêt, si le montant total de la somme est supérieur au montant du prêt, la banque récupérera son argent et la plus-value sera donnée à l’emprunteur.

Le prêt in fine pour ma résidence principale, est-ce possible ?

Un prêt in fine est peu adapté à l'achat d'une résidence principale. En effet, pour une résidence principale, le prêt in fine :

  • n’offre aucun avantage fiscal,
  • coûte nettement plus cher qu'un prêt amortissable.

Pour réaliser l'achat de votre résidence principale, il est préférable de contracter un prêt amortissable, plus adapté.

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Questions fréquentes sur le prêt in fine

  • Oui, vous pouvez revendre votre bien à tout moment. Vous devrez rembourser le capital emprunté avec le prix de vente ou votre placement nanti. La banque débloquera alors votre nantissement. Attention aux pénalités de remboursement anticipé, elles sont généralement de 3 % du capital ou 6 mois d'intérêts selon votre contrat.

  • Si votre placement descend en dessous du montant du prêt, la banque peut exiger un complément de garantie : nouveau nantissement, versements supplémentaires, ou remboursement partiel anticipé. Privilégiez des placements peu volatils pour limiter ce risque.

  • Oui, totalement. Vous cumulez les avantages : intérêts déductibles des revenus fonciers + réduction d'impôt Pinel/Denormandie (jusqu'à 21 % sur 12 ans). Cette double optimisation est idéale pour les investisseurs fortement imposés. Veillez simplement à aligner la durée du prêt avec vos obligations de location (6, 9 ou 12 ans).

  • Le remboursement du capital intervient en une seule fois à la fin du contrat. Pendant toute la durée du crédit, l’emprunteur ne paie que les intérêts et l’assurance. Le capital est généralement remboursé grâce à un placement financier nanti, comme une assurance-vie. Cette structure permet de préserver la trésorerie pendant le prêt, mais impose une planification rigoureuse du remboursement final.

  • C’est possible mais très rare. Le prêt in fine est principalement conçu pour l’investissement locatif. Pour une résidence principale, il est moins intéressant car il n’apporte aucun avantage fiscal et revient globalement plus cher. Les banques privilégient donc le prêt amortissable pour ce type d’achat, qui reste plus adapté et plus sécurisé pour les ménages.

  • Dans la majorité des cas, l’assurance-vie sert de garantie via un mécanisme de nantissement. Elle reste bloquée pendant toute la durée du crédit. Elle continue cependant à produire des intérêts ou des performances. À l’échéance, elle est utilisée pour rembourser le capital ou libérée si le prêt est soldé autrement. Elle peut aussi générer une plus-value pour l’emprunteur.

  • Oui, mais sous conditions strictes. Il est possible de renégocier ou de transformer un prêt in fine en prêt amortissable, notamment si la situation financière évolue ou si les taux baissent. Cela implique souvent un rachat de crédit et la mobilisation du placement nanti. Cette opération peut permettre de réduire le coût global, mais elle engendre aussi des frais et nécessite une analyse approfondie.

Catherine Brezeky
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Publié le 24 juin 2019, mis à jour le 9 juin 2026 - 6 min de lecture