Marché immobilier 2026

Guerre en Iran : faut-il craindre un impact sur le marché immobilier (et les taux) ?

/v1612962360/logo/Favicon.svg
Ingrid Servaes
Rédigé le 5 mars 2026
v1772791031/website/highlight/guerre-iran-taux.png

La montée des tensions au Moyen-Orient ravive les inquiétudes économiques. Quand l’actualité internationale se durcit, une question revient rapidement chez les acheteurs : faut-il revoir ses projets immobiliers ? Hausse potentielle des taux, marchés financiers sous tension, climat d’incertitude… Pour l’instant, les marchés restent toutefois mesurés et n’anticipent pas de choc majeur.

Infos clés

  • L’OAT 10 ans française remonte autour de 3,40 % début mars (source : Investing.com).
  • Pour l’instant, les taux immobiliers restent globalement stables, avec même de légères baisses constatées en mars.
  • Les politiques commerciales des banques restent orientées vers la conquête, en particulier pour les profils stables et bien préparés.

Un contexte international particulièrement instable

Samedi 28 février, l’escalade militaire au Moyen-Orient a franchi un nouveau cap, avec le déclenchement de frappes israélo-américaines contre l’Iran, qui ont donné lieu à des ripostes de la part du régime iranien, ciblant des bases armées situées dans les pays du Golfe. De quoi alimenter un climat d’incertitude à la fois diplomatique et budgétaire.

Cette guerre "porte et portera son lot d'instabilité et d'embrasement possible à nos frontières", a indiqué le lundi 02 mars, Emmanuel Macron lors d'un discours prévu de longue date, au sujet de la guerre au Moyen-Orient. Dans ce contexte, le président français a notamment annoncé une hausse du nombre de têtes nucléaires dans l'arsenal français et le passage à une dissuasion "avancée". Un tournant historique, qui pourrait peser à long terme sur les finances publiques des pays concernés.

Le spectre de la hausse du prix des hydrocarbures

Mardi 3 mars, lors d’une allocution aux Français, Emmanuel Macron a rappelé que le détroit d’Ormuz, par où transitent environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial, était actuellement fermé.

"Nous sommes à l’initiative pour bâtir une coalition afin de réunir les moyens, y compris militaires, pour reprendre et sécuriser le trafic dans ces voies maritimes essentielles à l’économie mondiale", a-t-il assuré. Une perturbation durable pourrait en effet raviver les tensions inflationnistes.

Dans ce climat tendu, les marchés financiers réagissent déjà, essentiellement par peur de l'inflation. Et pour celles et ceux qui envisagent un achat immobilier, la question est immédiate : va-t-on connaître une flambée des taux comme ce fut le cas au début de la guerre en Ukraine ? Souvenez-vous, en 2022, lorsque le conflit a éclaté, les marchés avaient fortement réagi, dans un contexte d’inflation déjà élevée et de resserrement monétaire rapide de la Banque centrale européenne. Les taux immobiliers avaient alors amorcé une hausse durable.

L’OAT repart à la hausse : un signal à surveiller

Premier indicateur à observer pour mesurer l’impact potentiel sur les taux immobiliers : l’OAT 10 ans (obligation assimilable du Trésor). Il s’agit du taux auquel l’État français emprunte sur 10 ans auprès des investisseurs. Indirectement, il influence le coût de financement des banques… et donc les taux de crédit.

Le 5 mars, l’OAT se situait à 3,40% (source : Investing.com), alors qu'il était encore à 3,24% (son plus bas niveau depuis six mois) deux jours auparavant. Cette volatilité est sans nulle doute la conséquence directe du récent contexte géopolitique, même si la réaction des marchés reste mesurée.

"Une tension géopolitique agit d’abord sur l’énergie, puis sur l’inflation et les taux longs. L’immobilier se retrouve en bout de chaîne. La remontée récente de l’OAT montre que le canal obligataire reste sensible au contexte international. Cela peut influencer la politique de taux des banques, mais à ce stade, on parle d’un frémissement, pas d’un changement de cycle."
Pierre Chapon, co-fondateur & CEO Pretto

Clairement, l’immobilier ne réagit pas directement à un conflit, mais aux conséquences économiques potentielles :

  • tensions sur les prix de l’énergie, en raison des perturbations de l'approvisionnement,

  • éventuelle crise inflationniste,

  • hausse des taux longs sur les marchés obligataires,

  • hausse des taux d’intérêt immobiliers.

C’est cette chaîne de transmission qu’il faut observer pour comprendre les enjeux réels.

Un impact psychologique à ne pas négliger

Engager un projet immobilier dans un contexte marqué par des tensions militaires et des incertitudes budgétaires peut, naturellement, susciter des hésitations. Un sondage Ifop pour LCI indiquait déjà en décembre 2025 que 55% des Français jugeaient plausible un conflit impliquant la France.

Ce niveau d’inquiétude peut nourrir une forme d’attentisme, même lorsque les fondamentaux économiques restent relativement stables. Ce ralentissement des décisions d’achat pourrait alors, de manière indirecte, accentuer la demande locative, notamment dans les zones tendues.

Des taux qui restent, pour l’instant, stables

Sur le terrain, les signaux demeurent pourtant rassurants.

En mars, les taux immobiliers reculent légèrement, de -0,04 à -0,15 point selon les durées et les profils. Le taux moyen constaté par Pretto s’établit à 3,29 % sur 20 ans (contre 3,40% en février).

Cette relative stabilité s’explique par plusieurs facteurs :

  • Les banques disposent de liquidités significatives.

  • Le crédit immobilier demeure un produit stratégique pour attirer de nouveaux clients (épargne, assurance, services bancaires).

  • Leurs objectifs de production pour 2026 sont orientés à la hausse.

Dans ce contexte d’incertitude, les ajustements peuvent aussi passer par d’autres leviers. Il est ainsi possible que certaines banques resserrent légèrement leurs critères d’octroi avant même d’augmenter les taux.

Dans un climat incertain, l’envie de temporiser est légitime... Mais aujourd’hui, les taux restent maîtrisés et la concurrence entre banques demeure active, notamment pour les profils solides. Plus que l’actualité internationale, c’est la qualité de votre préparation et de votre accompagnement qui fera la différence pour bâtir votre projet d’achat.

Questions fréquentes sur le marché en 2026

Pourquoi l’OAT est-elle si importante pour mon crédit immobilier ?

L’OAT 10 ans correspond au taux auquel l’État français emprunte. Elle sert de référence indirecte au coût de financement des banques. Si elle monte fortement et durablement, les taux immobiliers peuvent suivre.

Est-ce le bon moment pour acheter en 2026 ?

Le “bon moment” dépend avant tout de votre situation personnelle : stabilité professionnelle, niveau d’apport, capacité d’endettement. Attendre uniquement pour des raisons géopolitiques peut conduire à différer un projet sans garantie d’amélioration des conditions.

Les banques peuvent-elles durcir leurs critères ?

En période d’incertitude, les banques deviennent parfois plus sélectives. Mais en ce début 2026, leurs objectifs de production sont ambitieux. Elles restent en phase de conquête, notamment pour les profils stables et bien préparés.

Le marché immobilier peut-il ralentir à cause du conflit ?

Un ralentissement temporaire est envisageable si une partie des acheteurs adopte une posture attentiste. En revanche, les besoins structurels de logement ne disparaissent pas en période de tensions internationales.

La hausse des dépenses militaires peut-elle influencer les taux à long terme ?

Oui, indirectement. Si la France et d’autres pays européens augmentent durablement leurs budgets de défense, cela peut accroître leurs besoins de financement, et donc exercer une pression à la hausse sur les taux obligataires, notamment l’OAT 10 ans.