Un “coach en immobilier” soupçonné d’avoir arnaqué plus de 40 propriétaires (2024)


Catherine Brezeky
Écrit par
Publié le , mis à jour le - 3 min de lecture
Marionnette manipulée par des billets, illustration d'une arnaque immobilière par un faux coach

La note est salée pour ces propriétaires victimes d’une société de rénovation : chantiers en ruine, malfaçons, argent envolé… Le montant du préjudice s’élèverait à près de 4 millions d’euros. Le parquet de Paris vient d’ouvrir une enquête préliminaire.

Il arnaquait ses clients en se faisant passer pour un “coach en immobilier”

Il se présentait comme “coach en immobilier”. Michel, l’ancien patron de B. Rénovation, une société de rénovation, a arnaqué une quarantaine de clients qui espéraient se construire un patrimoine immobilier.

À travers ses formations sur l’investissement immobilier, Michel B. vantait les mérites de sa propre société de rénovation. Il fournissait ensuite très rapidement des devis et assurait à sa clientèle pouvoir débuter le chantier sous 30 jours.

“Le packaging était beau, la communication convaincante”, se rappelle une victime auprès du quotidien Le Parisien.

Un rêve de patrimoine, un cauchemar de chantier

Mais le rêve tourne vite au cauchemar. Chantiers interrompus, malfaçons, erreurs de livraison, flambée des prix des matériaux… Alban, victime du pseudo coach, témoigne dans Le Parisien :

« On s’est tous retrouvés avec un chantier en ruine ou bourré de malfaçons et notre argent envolé ».

Comme Alban, Julie rêvait d’assurer un avenir financier à sa famille grâce à un bon investissement locatif. Après avoir acheté un immeuble à rénover qu’elle souhaite diviser en appartements locatifs, cette mère de famille fait appel à B. Rénovation.

Toutefois, elle déchante vite quand elle se rend compte que son chantier n’avance pas. Les ouvriers ne peuvent pas travailler faute de gasoil pour leurs camions, le gérant de la société invoque un problème de comptes bancaires bloqués, suivi d’une prétendue escroquerie dont il aurait été victime…

Julie comprend vite qu’elle ne reverra pas ses 353 000 € d’acomptes engagés.

Une quarantaine de victimes

Julie et Alban ne sont pas seuls dans cette triste situation. Une quarantaine de clients auraient subi l’arnaque de la société de rénovation, pour des sommes allant de 50 000 € à 350 000 €. L’ampleur du préjudice total s’élèverait à près de 4 millions d’euros.

En octobre 2023, la société de B. Rénovation a été mise en liquidation judiciaire. Quant au gérant, il a visiblement décidé de se faire oublier… au Portugal, où il se serait installé sous une nouvelle identité.

Les victimes ont décidé de se regrouper en collectif pour porter l’affaire en justice. Une enquête préliminaire a été ouverte, portant sur des accusations d’escroquerie, abus de confiance, abus de biens sociaux et défaut d’assurance.

Comment éviter de tomber dans le piège d’un faux « coach en immobilier » ?

Cette affaire rappelle une règle simple : plus une promesse paraît facile, plus il faut vérifier avant de payer. Selon la DGCCRF (2026), quelques réflexes limitent les risques avant de confier un chantier à une entreprise.

  • Comparez les devis : exigez un devis détaillé et écrit, et mettez plusieurs entreprises en concurrence plutôt que de vous fier à celle qu’on vous recommande.
  • Ne signez rien dans la précipitation : la DGCCRF conseille de ne rien signer le jour même quand vous êtes démarché, et de prendre l’avis d’autres professionnels.
  • Surveillez l’acompte : en cas de démarchage hors établissement, le professionnel n’a pas le droit de percevoir de contrepartie financière (chèque d’acompte, mandat SEPA, espèces) pendant 7 jours.
  • Contrôlez les garanties : vérifiez que le contrat mentionne la garantie décennale pour les travaux.

Dans l’affaire racontée ici, l’enquête évoque justement un défaut d’assurance : c’est un document à réclamer avant de verser le moindre euro.

Questions fréquentes

  • En novembre 2024, l’enquête vise Michel, ancien patron de la société de rénovation B. Rénovation, qui se présentait comme « coach en immobilier ».

  • En novembre 2024, une quarantaine de clients auraient été victimes de la société de rénovation, pour des sommes allant de 50 000 € à 350 000 € chacune.

  • En novembre 2024, il vantait, via ses formations sur l’investissement immobilier, les mérites de sa société de rénovation, fournissait rapidement des devis et promettait de démarrer le chantier sous 30 jours.

  • En novembre 2024, l’enquête préliminaire porte sur des accusations d’escroquerie, abus de confiance, abus de biens sociaux et défaut d’assurance.

  • En novembre 2024, le gérant se serait installé au Portugal sous une nouvelle identité, après la liquidation judiciaire de sa société en octobre 2023.

Catherine Brezeky
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