Les 5 mesures de Robin Rivaton pour sortir de la crise du logement

Trouver un logement adapté, louer sans s’épuiser, acheter malgré un bon dossier… Aujourd’hui, pour beaucoup de Français, se loger relève presque du parcours du combattant. Pour mieux comprendre comment sortir de cette crise, nous avons tendu le micro a Robin Rivaton, entrepreneur spécialiste des enjeux immobiliers qui nous a partagé une série de mesures concrètes : division pavillonnaire, fiscalité incitative, simplification des permis, suppression des droits de mutation et modulation de la taxe foncière. On fait le tour.

Qu’est-ce qui bloque le marché ?

Pourquoi est-il devenu si difficile de se loger dans certaines villes de France aujourd’hui, même avec un bon revenu ? Pour Robin Rivaton, qui alerte depuis plusieurs années sur la “bombe sociale” du logement, la cause tient en un mot : “métropolisation”.

Depuis plusieurs décennies, les Français se concentrent dans les grandes villes, là où se trouvent les emplois, les universités et toutes les opportunités. La demande explose donc… mais l’offre ne suit pas. 

Et « quand un produit est en quantité insuffisante pour répondre à la demande, son prix augmente », résume l’entrepreneur. Effectivement, les chiffres de l’Insee montrent qu’entre 2001 et 2020, les prix dans l’ancien ont été multipliés par 2,3 en France métropolitaine. 

Le problème, c’est que cette tension ne se limite pas uniquement aux prix. Ce déséquilibre bloque l’ensemble du marché. Moins de logements disponibles, moins de mobilité, et des parcours résidentiels qui se grippent peu à peu. Faute d’alternatives, les Français restent plus longtemps dans des biens qui ne correspondent plus à leurs besoins. Toute la chaîne se retrouve ainsi ralentie : les nouveaux entrants peinent à se loger et les transitions de vie (études, naissance, séparation) deviennent plus compliquées.

Cette situation s’explique aussi par des évolutions de fond : les modes de vie changent (plus de personnes vivent seules ou en couple sans enfants, ce qui nécessite plus de logements), la construction reste insuffisante par rapport aux besoins, et les prix comme les loyers ont augmenté plus vite que les revenus

Alors que suggère Robin Rivaton pour relancer la dynamique ?

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Mesure n°1 : faciliter la division pavillonnaire

Nous avons demandé à Robin Rivaton quelle serait sa toute première mesure s’il devenait ministre du Logement demain. Sa réponse est assez simple : partir de l’existant, plutôt que d’étendre encore les villes. Autrement dit, mieux utiliser les zones pavillonnaires, souvent sous-exploitées, pour y créer de nouveaux logements. L’idée repose sur un constat assez courant : aujourd’hui, de nombreuses maisons sont aujourd’hui trop grandes pour les ménages qui y vivent. Plutôt que d’inciter les habitants à déménager, Robin Rivaton propose une alternative, créer un deuxième logement sur la même parcelle. « On a une très grosse réserve foncière dans les pavillons : il faut l’utiliser », explique-t-il.

Mesure n°2 : créer une fiscalité simple et incitative

Encore faut-il que ces projets soient attractifs… Aujourd’hui, diviser un terrain ou une maison reste complexe, notamment sur le plan fiscal. Robin Rivaton propose donc un système simple : un modèle “1 + 1”, avec une fiscalité allégée pour encourager la création d’un second logement.

L’objectif est clair : lever les freins plutôt que multiplier les aides. Selon lui, ce type de mesure pourrait même être neutre, voire positif pour les finances publiques, tout en augmentant rapidement l’offre de logements.

Mesure n°3 : simplifier les permis de construire

Un autre frein majeur pèse sur le marché du logement : les délais et l’incertitude autour des autorisations de construction.

Aujourd’hui, obtenir un permis peut prendre du temps, et dépend fortement des décisions locales. Ces règles sont regroupées dans le Plan local d’urbanisme (PLU), un document qui fixe, commune par commune, ce qu’il est possible de construire : zones autorisées, hauteurs maximales, types de bâtiments, etc. 

Pour simplifier les démarches, Robin Rivaton propose un changement d’approche en mettant en place un outil numérique commun  à tout le territoire français.

Chaque projet serait déposé, puis automatiquement comparé au PLU concerné. S’il est conforme, il pourrait être validé plus rapidement. « On change plus les comportements par les outils que par les normes », insiste-t-il. 

Mesure n°3 : simplifier les permis de construire

Un autre frein majeur pèse sur le marché du logement : les délais et l’incertitude autour des autorisations de construction.

Aujourd’hui, obtenir un permis peut prendre du temps, et dépend fortement des décisions locales. Ces règles sont regroupées dans le Plan local d’urbanisme (PLU), un document qui fixe, commune par commune, ce qu’il est possible de construire : zones autorisées, hauteurs maximales, types de bâtiments, etc. 

Pour simplifier les démarches, Robin Rivaton propose un changement d’approche en mettant en place un outil numérique commun  à tout le territoire français.

Chaque projet serait déposé, puis automatiquement comparé au PLU concerné. S’il est conforme, il pourrait être validé plus rapidement. « On change plus les comportements par les outils que par les normes », insiste-t-il. 

Pour Robin Rivaton, la crise du logement ne se réglera pas avec une seule mesure. Il faudra produire plus, fluidifier le marché, mieux utiliser l’existant… et surtout tenir ces réformes dans la durée. Une stratégie moins spectaculaire que des aides ponctuelles, mais probablement plus efficace pour remettre le marché en mouvement.

Questions fréquentes sur la crise du logement

Faut-il attendre pour acheter ?

Pour Robin Rivaton, non : attendre ne sert pas à grand-chose si le projet est mûr. Les baisses de taux espérées restent incertaines et souvent trop faibles pour compenser le coût de l’attente. En revanche, le confort de vie, la stabilité familiale et la projection à moyen terme pèsent lourd dans la balance. 

Est-ce que les prix de l’immobilier vont baisser en 2026 ?

Rien n’indique une baisse significative à court terme. Le marché reste tendu, et tant que l’offre de logements reste insuffisante, les prix devraient globalement se maintenir. Après une phase de correction, les projections tablent sur une hausse modérée de 2 à 3% en 2026 (MeilleursAgents), avec de fortes disparités selon les territoires.

Pourquoi devient-il plus difficile d’acheter sans apport ?

L’apport moyen a reculé mais reste nécessaire. En 2026, il baisse d’environ –7,7 % au niveau national (données Pretto). Malgré cette baisse, l’apport reste un facteur clé pour obtenir un prêt, surtout dans les zones où la demande est forte. Les banques continuent de le considérer comme une garantie importante pour accorder un financement.

Crise du logement : les 5 mesures concrètes pour en sortir