Construction neuve : quels changements avec la RE 2020 ?

Face aux enjeux climatiques actuels, et dans l’optique d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, une nouvelle règlementation concernant les bâtiments neufs (résidentiels et tertiaires), dénommée « RE 2020 » verra le jour fin 2020, pour une mise en application à l’été 2021.

Son objectif est de lutter contre le réchauffement climatique, en construisant notamment des bâtiments ayant le plus faible impact environnemental possible.

En effet, le logement est encore à l’heure actuelle le premier poste d’émissions de carbone des ménages français, ex-aequo avec les transports.

Le logement représente ainsi en moyenne 30% des émissions de gaz à effet de serre des français, dont une grande partie est liée au chauffage.

L’évolution de la règlementation thermique en France

C’est au milieu des années 70 que la première règlementation thermique a vu le jour en France, à la suite du premier choc pétrolier.

Ainsi avant 1974, aucune norme n’était imposée aux constructeurs en termes d’isolation et de consommation d’énergie, notamment celle dédiée au chauffage.

Les bâtiments construits avant 1973 étaient ainsi de véritables « gouffres énergétiques », consommant en moyenne 6 fois plus d’énergie qu’à l’heure actuelle pour le chauffage, notamment à cause d’une isolation sommaire.

Au fil des ans, les différentes règlementations thermiques sont devenues de plus en plus exigeantes, diminuant progressivement la consommation maximale d’énergie d’un bien neuf, pour finalement aboutir à celle que nous connaissons actuellement, la RT 2012.

Afin de proposer des bâtiments conformes, les constructeurs ont donc grandement travaillé l’isolation thermique et l’étanchéité à l’air.

La RE 2020 constitue une petite révolution par rapport à toutes les règlementations précédentes : elle ne sera plus uniquement une règlementation thermique mais une règlementation environnementale, qui prendra en compte d’autres critères que la consommation d’énergie.

Les objectifs de la RE 2020

La RE 2020 s’appuie en grande partie sur l’expérimentation E+ C- , qui a été menée depuis 2017 en collaboration avec certains acteurs de la construction.

Cette expérimentation a servi à affiner certaines méthodes de calcul utilisées dans la RE 2020, et les seuils à atteindre sur les aspects carbone et énergie.

Ces seuils ne sont pas encore connus avec précision, mais seront communiqués normalement à l’automne 2020.

Voici un résumé des critères qui seront pris en compte par la RE 2020 :

  • Production d’énergie (E+)

Concernant l’aspect énergétique, la maison n’est plus considérée uniquement comme un bâtiment qui consomme de l’énergie, mais qui en produit.

La RE 2020 valorisera ainsi l’installation d’un dispositif permettent la production de chaleur renouvelable (via un poêle à bois ou une pompe à chaleur par exemple), ou d’énergie renouvelable, qui pourra être utilisée pour alimenter le bâtiment.

Si la maison produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme, elle sera ainsi considérée comme une maison à énergie positive.
  • Réduction de l’impact carbone (C-)

L’aspect qui est vraiment nouveau avec la RE 2020 est la limitation des émissions carbone.

Pas uniquement celles liées au chauffage, mais toutes les émissions qui peuvent avoir lieu au long du cycle de vie de la maison (fabrication des matériaux, chantier, aménagement, occupation par des habitants, démolition, recyclage).

Le bilan carbone global de la maison ne devra ainsi pas excéder un certain seuil.

  • Réduction de l’impact environnemental

Outre l’impact carbone, la qualité environnementale globale des matériaux utilisés pour la construction sera aussi examinée (pollution des sols, de l’eau, émission de particules fines, etc).

Il n’y aura pas de seuil sur ces critères, et les informations collectées auront avant tout un but pédagogique.

  • Amélioration du confort des habitants

Le confort d’été sera également très scruté par la RE 2020 : les constructeurs auront donc tout intérêt à construire des bâtiments qui pourront garder une température agréable en été sans avoir recours à la climatisation, sous peine de dégrader le bilan carbone et énergétique du bâtiment.

Puits bioclimatique, VMC double flux,… différentes options pourront être envisagées pour avoir une température agréable sans avoir recours à la climatisation.

Quel sera l’impact de la RE 2020 sur votre futur achat ?

Ces nouvelles exigences vont avoir bien entendu des impacts non négligeables sur la façon dont sont conçus et construits les logements neufs, amenant les constructeurs à changer les matériaux utilisés et à répercuter ces changements sur le prix des biens neufs.

1) Le choix des matériaux

Afin d’atteindre les objectifs fixés par la RE 2020 sur l’aspect carbone, les constructeurs vont devoir porter plus d’attention aux matériaux utilisés :

  • privilégier des matériaux biosourcés et renouvelables (comme le bois pour la structure du bâtiment, le chanvre ou la paille pour l’isolation)
  • privilégier les matériaux produits localement (car le fait de produire des matériaux à l’étranger et de les importer ensuite en France augmente leur bilan carbone)
  • limiter l’utilisation de matériaux avec un très fort impact carbone (par exemple le béton ou l’acier, ou encore les dérivés de produits pétroliers comme le polystyrène).
Ainsi les maisons en ossature bois, qui représentent actuellement de 10 à 12% du marché des maisons individuelles en France, ont des atouts indéniables pour être conformes avec la RE 2020, grâce au faible impact carbone du bois et à ses très bonnes performances en termes d’isolation thermique et de confort d’été.

2) Le prix d’achat

La RE 2020 va très certainement avoir un impact financier pour les futurs acheteurs : afin d’améliorer la performance énergétique des maisons, les constructeurs vont devoir augmenter les épaisseurs d’isolants, ou utiliser des isolants plus performants, qui sont souvent plus chers.

Il en sera de même pour les matériaux « bas carbone », renouvelables ou « made in France », qui sont souvent plus chers que des matériaux issus de ressources fossiles ou produits à l’étranger.

Enfin, l’ajout de dispositifs produisant de l’énergie renouvelable, non obligatoires jusqu’à maintenant, va venir s’ajouter au coût global de la maison.

Ainsi, une maison RE 2020 coûtera forcément un peu plus cher lors de la construction qu’one maison RT 2012, mais vous permettra de faire des économies d’énergie conséquentes sur le long terme, ce qui pourra aussi être valorisé financièrement lors de la revente de votre maison ou de votre appartement.

Un tremplin pour une prise de conscience collective

Cette nouvelle règlementation ne doit cependant pas être une source d’inquiétude, et cela ne doit pas vous freiner dans votre futur achat ou vous inciter à repousser vos projets.

L’effort à fournir va surtout venir des constructeurs, qui vont devoir s’adapter dans les prochains mois, et trouver les meilleures solutions techniques à un coût raisonnable.

Dans un premier temps, la RE 2020 aura avant tout un rôle « pédagogique » avec des seuils moins exigeants que dans le label E+ C-, et certains critères qui seront purement indicatifs.

Elle permettra notamment aux constructeurs de faire évoluer leur offre et d’opérer une transition en douceur, avant d’imposer d’ici quelques années une nouvelle règlementation beaucoup plus ambitieuse.

Publié le 26 juin 2020
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Anthony Blaublomme
Chargé de marketing digital
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