Rembourser par anticipation : une bonne idée ?

L’aspect financier

C’est avant tout une question de chiffres, aussi commençons par aborder cet aspect par un petit exemple :

Le taux (TAEG + TAEA) de l’emprunt que vous remboursez est à 2 %/an. Dans le même temps, vous disposez de 20 000 € placés sur un support tel que le Livret A qui vous rapporte 0,5 %/an. Dans ce cas, vous disposez de deux options :

  • soit vous ne faites rien et votre argent continue de vous rapporter 0,5%/an. Dans le cas présent : 20 000 € × 0,5 %/an = 100 €/an

  • soit vous utilisez cet argent pour rembourser par anticipation votre emprunt. Et ainsi, vous ne touchez plus les 100 €/an précédents. Cependant, en parallèle, vous réduisez votre endettement de 20 000 €.

Ce sont 20 000 € qui ne génèrent plus d’intérêts d’emprunt, à savoir dans notre exemple, 20 000 € × 2 %/an = 400 €/an.

Ainsi, d’un côté vous perdez 100 €/an et de l’autre, vous économisez 400 €/an. En conséquence, cela vous procure un gain de 300 €/an ou 25 €/mois.

Dans notre exemple, rembourser par anticipation est financièrement une bonne idée.

En remboursant par anticipation, la banque ne va pas vous adresser un chèque de 400 € tous les ans.

Elle va vous proposer soit de réduire le montant de vos mensualités, soit de raccourcir la durée de votre emprunt.

Si vous choisissez de réduire vos mensualités, vous allez bien économiser sur chaque mensualité jusqu’au remboursement complet de votre emprunt.

Si vous écourtez votre crédit, votre gain se matérialisera par la suppression de quelques années de remboursement.

Dans les deux cas, vous n’en verrez donc la couleur que dans quelques années.

La liquidité et la sécurité

Le gain n’est pas l’unique paramètre à prendre en compte. Il convient aussi de considérer la liquidité et la sécurité.

La liquidité, c’est la faculté de récupérer ses capitaux quand on le souhaite. Ici, rembourser par anticipation vous fait transférer votre argent d’un support, sur lequel il était a priori disponible, vers une opération de remboursement de dette, qui rendra votre argent parfaitement indisponible.

Bien entendu, vous allez bien finir par le récupérer. Si vous avez choisi d’écourter votre crédit, cela se produira dans quelques années, quand vous aurez tout remboursé.

Et si vous avez choisi de réduire vos mensualités, ce sera de manière progressive, étalée sur toute la durée de votre emprunt. Dans les deux cas, ce sont des liquidités en moins pendant quelques années qui s’annoncent.

Il faut donc tenir compte d’une marge de manœuvre, qui vous permettra de partir en vacances, couvrir des risques ou tout simplement financer une autre acquisition immobilière.

Concernant la sécurité, le premier rôle de votre épargne est de vous permettre de faire face aux aléas de la vie : une perte d’emploi, un enfant qui fait des études plus longues que prévues et de manière générale, tout risque qui serait mal couvert par vos assurances, tel qu’un véhicule qui vous lâcherait ou même un rapatriement de vos vacances à étranger qui s’imposerait à vous.

Si vous l’utilisez pour vous désendetter, elle pourrait vous manquer ou rendre les choses plus compliquées.

Ensuite, il faut considérer le support qui héberge votre argent. Quand il est placé, votre argent supporte les risques présentés par le support.

Si vous le sortez pour rembourser votre prêt par anticipation, il ne subit plus ce risque, mais il en prend un nouveau : celui porté par l’opération immobilière financée par votre emprunt.

En définitive, si rembourser par anticipation peut être lucratif, cela se fait au détriment d’une moindre liquidité, ainsi que le plus souvent d’un risque accru. Il convient d’évaluer ces facteurs en fonction de votre situation personnelle.

Et si votre épargne vous rapportait plus ?

Si, à l’opposé de l’exemple précédent, votre épargne vous rapporte plus que ne vous coûte votre emprunt, il se produira l’effet inverse.

Apporter votre épargne dans votre opération va vous coûter de l’argent. Vous aurez donc financièrement intérêt à la conserver.

C’est une bonne nouvelle, cependant pour que cela se produise, il n’existe qu’une seule solution : prendre plus de risques. Pour cela, vous devez remplir deux conditions incontournables :
  • disposer d’un horizon de placement long
  • et tolérer des pertes à plus ou moins court terme.

Concernant votre horizon de placement, si vous hésitez à apporter votre épargne dans votre opération immobilière, c’est que votre horizon de placement est particulièrement long.

En effet, vous n’en reverrez pas la couleur avant quelques années. Votre argent en question remplit donc cette condition.

Du côté de votre capacité à accepter des pertes, cela va dépendre de vos expériences passées, de votre connaissance des mécanismes financiers, de votre optimisme, de vos craintes, des enjeux… C’est une affaire très personnelle.

Cependant, un conseiller compétent pourra vous aider. Et s’il s’agit d’un professionnel réellement indépendant et motivé par les résultats, lui accorder votre confiance vous sera d’autant plus facile.

Remboursement anticipé, mais aussi apport initial et durée du crédit

Notez que si vous vous demandez s’il est intéressant de sortir votre épargne pour augmenter votre apport initial, la problématique est la même.

Et il en sera de même quant au choix de la durée de votre crédit. Si votre épargne ne vous rapporte pas suffisamment, vous aurez intérêt à choisir une durée plus courte pour augmenter le montant de vos mensualités et ainsi consacrer votre capacité d’épargne à rembourser votre dette, plutôt qu’à abonder votre placement financier qui ne vous rapporte pas assez.

De manière générale, moins votre épargne vous rapporte, moins vous aurez intérêt à être endetté.

Et au contraire, plus vous aurez d’ambition pour votre épargne, plus l’endettement sera votre allié. Pour approfondir la question, n’hésitez pas à en lire plus sur le sujet.

Publié le 25 mai 2020
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Anthony Blaublomme
Chargé de marketing digital
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