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Les banques françaises sont-elles vertes ?

Les banques françaises sont-elles vertes ?

En 2020, selon l’ONG Les Amis de la Terre, les trois principales banques françaises (BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole) comptaient parmi les 20 plus importants financeurs mondiaux des énergies fossiles. Bien que de taille plus modeste, Banque Populaire et le Crédit Mutuel investissent également dans des projets fortement polluants.

Quel est le rapport des banques françaises à l’écologie et à la transition énergétique ? Quelles sont les bonnes pratiques et qui sont les acteurs bancaires les plus respectueux de l’environnement ? État des lieux pour mieux naviguer dans l’univers des banques vertes.

Quel est l’impact écologique des banques ?

Banques et empreinte carbone

D’après une étude publiée par Oxfam en octobre 2021, les banques françaises ont chacune une empreinte carbone supérieure aux émissions de gaz à effet de serre de la France entière. Mais en quoi peut-on dire que les banques polluent ?

Les banques représentent une grande capacité d’investissement. Lorsqu’elles choisissent de soutenir financièrement une entreprise, un État, un projet, une industrie ou un secteur polluant (énergies fossiles, mais aussi transport, construction, agriculture…), elles contribuent à la croissance de ces secteurs et donc à un accroissement de la pollution.

Or en 2018, d’après une étude Oxfam et Les Amis de la Terre, les banques dédiaient 70 % de leurs financements énergétiques aux énergies fossiles, contre 20 % aux énergies renouvelables. C’est encore plus vrai pour les quatre plus grosses banques françaises, qui ont augmenté de 22 % leurs financements aux entreprises actives dans les énergies fossiles entre 2019 et 2020.

En matière d’émissions de CO2, la taille compte

En 2018, les émissions de gaz à effet de serre provenant des activités financées par les quatre plus grandes banques françaises (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et BPCE) atteignaient 2 milliards de tonnes de CO2, soit 4,5 fois les émissions totales de la France entière.

Le poids de l’empreinte carbone de chaque banque est directement lié à sa taille. Une banque comme BNP Paribas - 8e groupe bancaire international, présent dans 68 pays - aura nécessairement un impact plus fort sur l’empreinte carbone mondiale qu’une banque plus petite. Étant donné que les banques investissent principalement l’argent de leurs clients, le choix de la banque a un impact direct sur l’empreinte carbone générée par cette dernière.

Comment se situent les banques françaises au niveau mondial ?

Une prise de conscience planétaire

Depuis l’accord de Paris de 2015, et sous la pression des consommateurs, la prise de conscience est globale. La plupart des grandes banques françaises mettent désormais en avant leur engagement en faveur d’investissements plus verts. C’est un mouvement suivi par toutes les grandes banques à travers le monde. Avec un impact non négligeable : selon une étude Moody’s, l’émission d’obligations vertes dans le monde a progressé de 47 % et atteint 117 milliards d’euros, au premier trimestre 2019.

Encore un long chemin à parcourir

Néanmoins, si les six banques françaises continuent de financer l’économie comme elles le font aujourd’hui, elles contribueront à une hausse de la température de la planète de 4 °C d’ici 2100, loin des 1,5 °C prévu par l’accord de Paris.

Les grandes banques investissent encore dans les industries extrêmement polluantes comme le charbon, et le verdissement de ces financements progresse assez lentement. Il y a aussi des différences importantes entre les banques : certaines, à l’instar du Crédit Mutuel Alliance Fédérale, ont déjà opéré leur sortie du secteur charbon, tandis que d’autres publient tout juste leur stratégie de sortie dans ce domaine.

Les experts de la Commission européenne estiment ainsi qu’il manque encore 200 milliards d’euros d’investissements annuels supplémentaires pour réaliser les objectifs fixés pour 2030.

Comment améliorer la situation ?

Par la loi, aux niveaux français et européen

Au-delà des grandes orientations données par les différentes COP, les législations européennes et françaises s’étoffent aussi dans le domaine de l’incitation et de la régulation des investissements bancaires. En France, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) de 2015 a pour ambition de donner les moyens d’action nécessaires à la mise en œuvre de l’accord de Paris. Elle vise par exemple à favoriser et rendre plus attractif le recours aux énergies renouvelables et matériaux de construction durables, dans le but de verdir des secteurs responsables de forts niveaux d’émissions de gaz à effet de serre.

Au niveau européen, le plan d’action pour la finance durable, lancé en 2018, fixe des objectifs ambitieux pour 2030 : réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % par rapport à 1990, augmentation de 32 % de de la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique de l’Europe. L’Union européenne se fixe aussi comme objectif de réorienter des flux de capitaux vers des investissements durables, d’inclure la durabilité dans la gestion des risques, ou encore de créer des indicateurs mesurant le caractère durable ou non d’investissements.

Par le suivi et l’évaluation

Des associations comme Oxfam et les Amis de la Terre sont très actives dans la production de rapports évaluant l’action de différentes banques en termes d’écologie. Elles publient de nombreux comparatifs des initiatives de différentes banques et permettent aussi d’y voir clair entre les intentions, souvent louables, affichées par les banques, et leurs efforts effectifs. Ces rapports constituent un moyen de pression efficace auprès des banques, soucieuses de suivre les évolutions de l’opinion publique pour conserver leurs clients.

Par les nouvelles offres émanant des banques

Les banques mutualistes à l’offensive

Parmi les banques mutualistes, certaines se sont beaucoup améliorées en ce qui concerne les investissements dans des secteurs durables. Le Crédit Coopératif, lui, s’est aussi entièrement tourné vers des investissements éco-responsables. La Banque Postale s’est donné des objectifs comme la démarche de neutralité carbone ou encore l’accélération de son offre de livret de développement durable et solidaire.

Les banques éthiques et solidaires

Certaines banques s’appuient sur des modèles économiques basés sur des schémas d’investissement verts. Ces banques éthiques et responsables ont pour vocation d’utiliser l’argent de leurs clients pour poursuivre des objectifs sociaux, culturels ou écologiques. La Nef, fondée en 1986, est un bon exemple de banque verte solidement implantée : elle est acteur de la finance solidaire et s’engage à ne financer que des projets à forte valeur ajoutée socio-culturelle et économique. Mais il s’agit uniquement d’une banque de dépôt.

Les néobanques vertes

Ces banques récentes, le plus souvent totalement en ligne, défendent des objectifs verts. Les principales se nomment Helios, Green-Got et OnlyOne. Leurs valeurs sont principalement la transparence et l’engagement dans la transition écologique. Elles peuvent mettre en place des initiatives originales, comme par exemple le fait de planter des arbres pour chaque inscription dans le cas d’OnlyOne par exemple. Celles-ci sont présentes depuis moins longtemps sur le marché bancaire et doivent donc encore faire la preuve de la solidité de leur modèle économique.

Par le financement de projets individuels

Pour les banques dans leur ensemble, la démarche écologique peut être largement approfondie et élargie : la plupart d’entre elles limitent désormais leurs investissements fossiles, mais elles n’investissent pas encore dans des domaines non-énergétiques mais à fortes retombées polluantes. Elles pourraient par exemple encourager les travaux utilisant des matériaux écologiques, ou visant à améliorer la performance énergétique des logements, en facilitant par exemple l’accès des particuliers à des prêts dans ce domaine.

Pour ces sujets, l’impact du choix des consommateurs, et de leurs demandes auprès des banques n’est pas à négliger ! Informez-vous et n’hésitez pas à insister auprès de votre conseiller bancaire.

Mis à jour le 17 janvier 2022
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Jules Stalin
Chef de projet éditorial
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